Des marins thaïlandais secourus après l’attaque d’un cargo dans le détroit d’Ormuz
- Vingt membres d’équipage du cargo thaïlandais Mayuree Naree sont rentrés à Bangkok, cinq jours après l’attaque revendiquée par les Gardiens de la révolution iraniens, tandis que trois marins restent portés disparus
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Vingt marins thaïlandais ont regagné leur pays ce lundi après avoir été secourus à la suite de l’attaque de leur navire marchand dans le détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique reliant le golfe Persique à l’océan Indien, ont indiqué des sources officielles.
Les membres d’équipage du cargo Mayuree Naree ont atterri tôt le 16 mars à l’aéroport international Suvarnabhumi de Bangkok après un vol en provenance d’Oman.
Selon des images diffusées par les médias locaux, ils ont été rapidement escortés par les autorités et n’ont pas accordé d’interviews aux journalistes présents sur place.
Le navire battant pavillon thaïlandais avait été attaqué le 11 mars alors qu’il traversait le golfe Persique après avoir quitté un port des Émirats arabes unis. La marine omanaise est intervenue peu après l’incident et a secouru les vingt membres d’équipage.
Trois autres marins restent toutefois portés disparus. Selon les premières informations, ils se trouvaient dans la salle des machines, la zone la plus endommagée du navire, au moment de l’attaque.
Les Gardiens de la révolution iraniens, corps militaire d’élite chargé notamment de la défense du régime iranien, ont affirmé avoir visé le cargo ainsi qu’un autre navire battant pavillon libérien, accusant les deux bâtiments d’avoir ignoré des avertissements préalables.
L’armateur du navire, la compagnie thaïlandaise Precious Shipping, a indiqué qu’un soutien médical et psychologique serait fourni aux marins secourus, tandis que les recherches se poursuivent pour retrouver les trois membres d’équipage disparus.
Selon Maratee Andamo, porte-parole adjointe du ministère thaïlandais des Affaires étrangères, Bangkok a également sollicité l’aide de deux autres pays pour soutenir les opérations de secours.
L’attaque est survenue dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient, marquées par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran et par des représailles de Téhéran contre des intérêts occidentaux dans la région.
Le Mayuree Naree, qui transportait 23 marins thaïlandais, faisait route vers l’Inde depuis Abou Dhabi lorsqu’il a été touché dans le détroit d’Ormuz, couloir maritime par lequel transite une part importante du commerce mondial de pétrole.
À la suite de l’incident, le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur iranien à Bangkok pour demander des « clarifications » et a exprimé sa « vive inquiétude » face à l’escalade régionale.
Bangkok a également appelé au calme, estimant que la crise représente « des menaces sérieuses pour la vie et la sécurité des civils innocents », tout en soulignant les risques pour la liberté de navigation dans cette zone stratégique.
