Des centaines de manifestants à Paris contre le projet de loi autorisant le travail le 1ᵉʳ mai
– À l’appel des syndicats, un rassemblement a eu lieu devant l’Assemblée nationale pour défendre le caractère chômé et payé du 1ᵉʳ mai
Ile-de-France
AA / Paris / Ümit Dönmez
Des centaines de personnes se sont rassemblées ce jeudi matin devant l’Assemblée nationale à Paris pour protester contre une proposition de loi visant à permettre le travail le 1ᵉʳ mai dans certains secteurs.
Par voie de communiqué, les huit principales organisations syndicales – CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, UNSA, Solidaires et FSU – avaient appelé à cette mobilisation, dénonçant une "attaque contre la fête des travailleurs". Les manifestants se sont réunis dès 10 h pour réclamer le retrait du texte examiné dans l’après-midi par les députés, dans le cadre d’une niche parlementaire.
Les syndicats pointent une remise en cause frontale du seul jour obligatoirement chômé et payé inscrit dans le Code du travail. "Le 1ᵉʳ Mai n’est pas un jour férié comme les autres", affirme l’intersyndicale, rappelant que cette date incarne depuis 1948 la reconnaissance des luttes ouvrières et des droits sociaux. Dans le communiqué commun, ils rejettent un projet de loi qui "ouvre la voie à la banalisation du travail le 1ᵉʳ mai, sous couvert de volontariat".
La proposition de loi, portée par des sénateurs de droite et adoptée en juillet 2025 au Sénat, prévoit la possibilité pour certains secteurs — comme les boulangeries, fleuristes, commerces alimentaires, cinémas ou théâtres — de faire travailler leurs salariés le 1ᵉʳ mai, sous réserve d’un accord écrit et sans que cela puisse justifier une sanction en cas de refus. Les partisans du texte défendent une adaptation aux réalités économiques et au souhait de certains professionnels de pouvoir exercer ce jour-là.
Les syndicats, eux, dénoncent un faux volontariat, notamment dans les petites structures, et alertent sur les effets d’entraînement que cette brèche pourrait provoquer. "Laisser travailler ce jour-là, c’est vider de son sens une journée historique de conquêtes sociales", dénoncent-ils. Les prises de parole sur place ont insisté sur le risque d’un précédent législatif affaiblissant l’exception symbolique du 1ᵉʳ mai.
L’issue du vote à l’Assemblée nationale pourrait décider d’une entrée en vigueur de la mesure dès cette année. Pour les syndicats, ce serait un dangereux précédent. "Ce n’est pas d’une nouvelle loi dont nous avons besoin, mais d’une meilleure protection des jours de repos et des temps de vie", affirmait une pancarte brandie ce matin sur la place du Palais-Bourbon.
