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Dépourvue du soutien de l’OTAN, la France se tourne donc vers l’UE

- Paris a du mal à digérer les derniers échecs de "son poulain" Khalifa Haftar, putschiste qui a voulu renverser Tripoli et le gouvernement légitime libyen, reconnu par les Nations Unies, dirigé par Fayez al-Sarraj et soutenu par la Turquie.

Şerife Çetin,Tuncay Çakmak   | 07.07.2020
Dépourvue du soutien de l’OTAN, la France se tourne donc vers l’UE

Brussels Hoofdstedelijk Gewest

AA - Bruxelles


Sans le soutien espéré par les alliés au sein de l’OTAN, la France se retourne vers l’Union Européenne (UE) pour tenter de protéger ses intérêts en Syrie et en Libye, mis à mal par les interventions de la Turquie.


En juin, Paris avait accusé la Turquie d’avoir provoqué un incident naval supposé entre les marines française et turque le mercredi 10 juin, à environ 200 km des côtes libyennes. Pour les autorités françaises, qui ont porté l’affaire devant l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), il s’agit d’un "acte grave, extrêmement agressif, tout sauf amical", de la part d’un allié.


La France a plusieurs fois accusé Ankara de violer l'embargo de l'ONU sur les armes à destination de la Libye. La Turquie a rejeté ces accusations "infondées" et a accusé le navire français d'avoir effectué une "manœuvre à grande vitesse et dangereuse".


A la demande de la France, l’OTAN a ouvert une enquête.


"La France nous a dernièrement accusé d’agression en Méditerranée orientale. Nous avons prouvé que cela était faux. L’OTAN confirme qu’il n’y a aucune preuve. Bien sûr, l’OTAN et l’UE ne peuvent le dire ouvertement, mais nous le faisons, la France a été malhonnête. La France doit présenter des excuses à la Turquie", a récemment déclaré le Chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu, confirmant certains papiers des médias internationaux sur le sujet.


Dépourvue du soutien de l’Alliance atlantique, la France se tourne donc vers Bruxelles et l’UE.


- L’OTAN, peu réceptive à la France :


Paris a du mal à digérer les derniers échecs de "son poulain" Khalifa Haftar, putschiste qui a voulu renverser Tripoli et le gouvernement légitime libyen, reconnu par les Nations Unies, dirigé par Fayez al-Sarraj et soutenu par la Turquie.


Comme l’an passé lors des opérations turques contre les groupes terroristes dans le nord de la Syrie, la France qui s’inquiétait de perdre ses intérêts dans la région a voulu obtenir le soutien de l’OTAN, en Libye cette fois-ci, Paris a une nouvelle fois tenter la même tactique.


C’est cette crainte de perdre du terrain en Libye qui a poussé la France à "inventer" l’histoire du prétendu incident navale en Méditerranée.


Dans les documents remis par la Turquie à l’OTAN, il est même mentionné que le navire français en question a bénéficié, le jour-même, d’un approvisionnement en fioul, fourni par la marine turque !


Le rapport interne, préparé par des responsables militaires de l’OTAN, ne semble pas confirmer les allégations françaises.


Il semblerait que ce soit la raison qui a poussé la France à suspendre sa participation à la mission "Sea Guradian" de l’OTAN en Méditerranée.


- Paris à la quête d’un soutien de l’UE :


Insatisfaite de la réponse de l’OTAN, la France a donc décidé de se tourner vers l’Union Européenne.


Très vite, Paris a obtenu les soutiens de la Grèce et de la partie grecque de Chypre, dont l’objectif est d’exclure la Turquie et la République Turque de Chypre Nord (RTCN) du partage des ressources naturelles en Méditerranée orientale.


Les efforts de Paris ont fait de la Turquie l’un des principaux sujets du Conseil des affaires étrangères de l’UE qui se réunira le 13 juillet.


Le Parlement européen aussi, régulièrement hostile à la Turquie, s’est rapidement rangé aux côtés de la France. Il va discuter, cette semaine, de la question des réfugiés à la frontière turco-grecque, ainsi que "du rôle néfaste de la Turquie en Méditerranée orientale".


- Pourquoi Macron en veut à la Turquie ?


Le président Emmanuel Macron, dont le pays est depuis très longtemps opposé à l’adhésion de la Turquie à l’UE, semble adopter une politique hostile à la Turquie, plus liée à ses intérêts personnels qu’aux actions de la Turquie.


Depuis le début de son mandant il y a 3 ans, Macron fait face à de nombreuses difficultés économiques et sociales qui ont lourdement touché sa popularité, au point qu’aux municipales de la semaine passée, son parti a subi un énorme revers.


Les revers de Macron en politique extérieure, en Syrie puis aujourd’hui en Libye, sont à la source du discours hostile et agressif envers Ankara.


Paris cherche désespérément à sauver le putschiste Haftar en Libye, faisant dire à certains que ce dernier aurait fait des promesses à la France au sujet du partage des richesses pétrolières du pays. Ce serait une des raisons pour lesquelles Macron reste très discret concernant les soutiens de la Russie, de l’Égypte et des Émirats Arabes Unis à Haftar. Alors que le président français accuse régulièrement la Turquie de violer l’embargo sur les armes, il ignore ce sujet quand il s’agit de ces pays.

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