Mehmet Yılmaz
29 Mars 2018•Mise à jour: 29 Mars 2018
AA - Budapest
Dernièrement, les mesures adoptées par le gouvernement hongrois ont anéanti les possibilités d’introduction de demandes d’asile au sein du pays, a affirmé Erno Simon, porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).
Dans le pays où se trouvent seulement 1 781 réfugiés, selon les données du Bureau de l'Immigration et des réfugiés (BMH), la position ferme du gouvernement à l’encontre des demandeurs d'asile suscite l'attention.
Soulignant que très peu de réfugiés et de demandeurs d’asile se trouvent actuellement en Hongrie, Simon a fait savoir que les demandes d'asile peuvent être établies dans deux camps (zones de transit) situés dans les régions de Roszke et de Tompa, à la frontière serbo-hongroise.
Par semaine, seulement sept à huit réfugiés, en moyenne, sont autorisés par les autorités hongroises à demander l'asile, confie le porte-parole ajoutant qu'il s'agit là d'une restriction très lourde.
En Serbie, des milliers de réfugiés qui obtiennent le statut de demandeurs d’asile attendent de regagner le territoire européen à travers la Hongrie, a-t-il fait valoir.
- L’introduction d’une demande d'asile en Hongrie est presque impossible
Simon indique que certains jours l’introduction des demandes d’asile est totalement interdite, soulignant que cette décision est semi-officielle.
«Plus de 400 personnes se trouvaient dans les zones de transit de Roszke et Tompa, il y a quelques mois, mais maintenant ce chiffre est inférieur à 200, indique le porte-parole. Les zones de transit ont la capacité d'accueillir bien plus que ces chiffres.»
Il raconte que les réfugiés arrêtés sur le territoire hongrois, suite à la fermeture de ses frontières par des clôtures de barbelés anti-migrants, sont automatiquement renvoyés en Serbie.
«Depuis aucune demande d’asile n’est acceptée dans les zones de transit, a-t-il regretté. Par la mise en place de ces mesures, la Hongrie a presque totalement éliminé la possibilité pour les réfugiés d’introduire des demandes d'asile.»
- Des nourrissons placés en détention
Chaque jour, les fonctionnaires du UNHCR visitent les conteneurs, installés à la frontière, afin de rencontrer les demandeurs d'asile, partage Simon indiquant que le fait de placer, l’ensemble des réfugiés -sans exception- en détention, en les contraignant à rester pendant des mois dans une zone encerclée de barbelés, est inacceptable.
«En fait, les réfugiés sont punis d’avoir introduit des demandes d’asile en Hongrie, a déploré le porte-parole. En outre, le plus grand problème, pour nous, est que ces mesures de placement en détention s’appliquent également aux enfants en compagnie d'adultes et aux mineurs non accompagnés de plus de 14 ans. Aussi, parmi eux se trouvent également des enfants nés dans la zone de transit. Quelques jours après leur accouchement dans les hôpitaux hongrois, les femmes sont renvoyées, avec leur nourrisson, dans les conteneurs entourés de barbelés.»
Selon lui, les enfants ne doivent jamais et en aucun cas être placés derrière ces clôtures métalliques.
«Les enfants ne peuvent, en aucun cas, être placés en garde à vue. C'est inacceptable», a-t-il conclu.