Lassaad Ben Ahmed
12 Octobre 2020•Mise à jour: 15 Octobre 2020
AA / Montréal / Hatem Kattou
Mona Nemer, conseillère scientifique en chef du Premier ministre canadien Justin Trudeau, a souligné, que les « gouvernements (fédéral et provinciaux) et les Canadiens en général, n’ont pas appris assez de la première vague de la pandémie ».
C’est ce qui ressort d’une interview diffusée, dimanche, par le média public « Radio Canada ».
« La période d’accalmie durant l’été a rendu les gens beaucoup moins prudents. Les assouplissements aux règles accordés par les gouvernements ont trop souvent été outrepassés alors que la situation semblait être à nouveau maîtrisée », a-t-elle notamment dit.
La « Scientifique en chef du Canada » a ajouté que : « On a appris certaines choses, mais hélas, force est de constater qu'on n'a pas appris suffisamment. Et quand je dis on, c'est le on collectif, qu'il s'agisse des citoyens, [...] des gouvernements ou du système ».
« On est tombé un peu dans la pensée magique », a-t-elle lâché, avant de relever que « c'était très prévisible ce que l'on voit maintenant et donc c'est ça qui est un peu préoccupant ».
Pointant du doigt l’attitude des autorités, la sommité scientifique d’origine libanaise a souligné qu’il s’agit-là d’un « comportement humain, mais que les gouvernements n’ont pas tenté de contrôler assez rapidement. Il aurait fallu insister sur l’importance de respecter les mesures sanitaires ».
Abondant dans le même sens, la Professeure Nemer a estimé que les autorités sanitaires et les gouvernements auraient dû être mieux préparés à faire face à la seconde vague, surtout à la lumière des leçons apprises au printemps, particulièrement en ce qui concerne le dépistage.
« On aurait pu faire mieux ou différent », a-t-elle jugé.
Elle a expliqué, à ce propos, que « le dépistage, c'est quand même une opération complexe, ça requiert certains experts qui ne sont pas formés du jour au lendemain ».
« Et donc, c'est clair qu'il faut prévoir le pire, et puis, même si on gaspille l'énergie à entraîner des gens, de les avoir prêts quand il le faut, mais c'est bien mieux comme ça que d'être pris un peu de court », a-t-elle conclu.
Le Canada fait face depuis prés de deux semaines à une deuxième vague de la pandémie de la Covid-19 avec le passage en zone rouge de plusieurs régions du pays, en particulier dans les provinces du Québec et de l’Ontario.
Notons que le secteur de la santé au Canada constitue une prérogative partagée entre les autorités fédérales (Ottawa) et provinciales, d’où les différentes mesures et les disparités constatées souvent dans le traitement réservé aux situations d’une province à une autre.
Au soir du dimanche 11 octobre, le Canada déplore 9.613 décès liés à la pandémie sur les 181.862 contaminations confirmées. Le pays compte actuellement 19.030 cas actifs après avoir enregistré plus de 153 mille guérisons.