Conseil de sécurité: La France critique le bilan de Maduro, juge l'opération militaire contraire au droit international
- La France a estimé que l’opération militaire ayant conduit à la capture de Nicolas Maduro va à l’encontre du principe du règlement pacifique des différends et du principe de non-recours à la force
Istanbul
AA / Istanbul / Mariem Njeh
La France a déclaré devant le Conseil de sécurité des Nations unies que le droit du peuple vénézuélien à choisir librement ses dirigeants lui a été retiré par Nicolas Maduro, affirmant que le processus électoral « a été entaché de nombreuses irrégularités » et que le décompte final des voix a souffert d’« un manque flagrant de transparence ».
Selon la délégation française, face aux aspirations démocratiques de la population, Nicolas Maduro a répondu de manière systématique par la répression des voix dissidentes, des membres de l’opposition et de la société civile, ainsi que par de nombreuses détentions arbitraires. Paris a rappelé avoir toujours exprimé avec clarté le caractère inacceptable de ces pratiques et la nécessité du respect des droits humains.
La France a toutefois estimé que l’opération militaire ayant conduit à la capture de Nicolas Maduro va à l’encontre du principe du règlement pacifique des différends et du principe de non-recours à la force. Elle a averti que la multiplication des violations de la Charte des Nations unies et du droit international par des États investis de responsabilités particulières, en tant que membres permanents du Conseil de sécurité, porte atteinte aux fondements mêmes de l’ordre international.
Paris a souligné que toute atteinte aux principes de la Charte, notamment le respect de l’indépendance et de l’intégrité territoriale des États, affaiblit les bases des Nations unies et mine la paix et la sécurité internationales. La France a réaffirmé son attachement constant à la Charte et au règlement pacifique des différends, estimant que ces principes doivent être défendus en tout temps et en tout lieu.
La délégation française a réitéré son engagement en faveur du respect de la volonté du peuple vénézuélien, jugeant que la transition actuellement ouverte au Venezuela doit être pacifique et démocratique, se dérouler dans le respect du choix d’un peuple souverain, et être conduite par et pour les Vénézuéliens.
Enfin, la France a indiqué se tenir prête, aux côtés des États de la région et de ses partenaires de l’Union européenne, à soutenir le dialogue en vue du rétablissement de la libre expression démocratique au Venezuela, ainsi qu’à contribuer à la stabilité régionale, estimant que cette responsabilité incombe également au Conseil de sécurité.
La session d'urgence fait suite à la demande officielle de la mission permanente du Venezuela, envoyée le 3 janvier, avec le soutien de la Chine et de la Russie.
