Conflits au Moyen-Orient : Jean-Noël Barrot juge « illégales » certaines frappes américaines et israéliennes
- Le ministre français affirme que le recours à la force n’est légitime qu’en cas de légitime défense ou sur mandat de l’ONU, et estime que certaines opérations récentes ne respectent pas le droit international
AA / Istanbul / Adama Bamba
Invité de l’émission Dimanche en politique sur France Télévisions, le Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a mis en garde contre ce qu’il qualifie de « fascination pour la force », appelant à un strict encadrement du recours à la puissance militaire par le droit international.
Il a rappelé que l’usage de la force n’est, selon lui, légitime que dans deux cas précis : la légitime défense lorsqu’un État est attaqué, ou lorsqu’il est autorisé par une résolution des Nations unies dans le cadre d’un accord de la communauté internationale.
C’est dans ce contexte qu’il a estimé que certaines opérations militaires récentes ne respectaient pas ces critères. Il a notamment déclaré que « les frappes initiées par les États-Unis et Israël » ne relevaient ni de la légitime défense ni d’un mandat de l’ONU, les jugeant ainsi contraires au droit international et, de facto, « illégales » au regard des règles internationales.
Le responsable français a également souligné que les conflits au Proche-Orient entraînent fréquemment des conséquences bien au-delà des zones de guerre, avec des répercussions directes sur les sociétés au quotidien.
Enfin, il a mis en garde contre une polarisation croissante des opinions publiques et une tentation de considérer la « force brute » comme une réponse universelle aux crises internationales. Rappelant les principes fondateurs des démocraties européennes, il a insisté sur leur rôle central dans la garantie de la paix et de la stabilité, plaidant pour un usage de la force « avec une main tremblante », synonyme de prudence et de responsabilité.
