Conflit au Liban : près de 700 000 personnes déplacées en une semaine, selon le HCR
- Le HCR met en garde contre une augmentation rapide du nombre de personnes déplacées, les frappes aériennes israéliennes et les ordres d'évacuation forçant les familles à fuir
Geneve
AA / Genève / Beyza Binnur Donmez
Près de 700 000 personnes ont été déplacées au Liban en un peu plus d’une semaine alors que le conflit s’intensifie, a indiqué mardi l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Karolina Lindholm Billing, représentante du HCR au Liban, a déclaré à des journalistes à Genève que la crise a rapidement déraciné de nombreuses familles après l’intensification des frappes aériennes et les avertissements d’évacuation émis par l'armée israélienne le 2 mars pour les habitants de plus de 53 villages et zones densément peuplées.
« Des vies ont été bouleversées à une échelle massive », a-t-elle déclaré.
Selon les autorités libanaises, plus de 667 000 personnes se sont inscrites sur la plateforme en ligne du gouvernement dédiée au recensement des déplacés, soit une augmentation de plus de 100 000 personnes en une seule journée, les chiffres continuant d’augmenter.
Environ 120 000 déplacés sont actuellement hébergés dans des sites collectifs désignés par le gouvernement, a précisé Billing, tandis que beaucoup d’autres se réfugient chez des proches ou cherchent un logement après avoir fui leur domicile avec peu d’effets personnels.
Les violences ont également déclenché des mouvements transfrontaliers vers la Syrie voisine. Les autorités syriennes indiquent que plus de 78 000 Syriens et plus de 7 700 Libanais sont entrés en Syrie depuis le début de l’escalade, a-t-elle ajouté.
Billing a souligné que de nombreuses familles subissent des déplacements répétés après les hostilités de 2024, laissant les civils traumatisés et inquiets.
Le HCR a distribué environ 168 000 articles de secours d’urgence à plus de 63 000 personnes déplacées dans plus de 270 abris, mais l’agence a averti que sa réponse au Liban n’est financée qu’à hauteur de 14 %.
« Chaque jour que ce conflit se poursuit, davantage de souffrances sont infligées à des centaines de milliers de civils, tandis que le Liban et la région sont davantage déstabilisés », a-t-elle averti.
« Les civils doivent être protégés en permanence et un accès humanitaire sûr et sans entrave doit être garanti afin que l’aide puisse parvenir à ceux qui en ont le plus besoin », a-t-elle conclu.
*Traduit de l'anglais par Wafae El Baghouani
