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Chine : Procès pour espionnage d'un universitaire australien

- Deux citoyens australiens d'origine chinoise, dont une journaliste, font face au système judiciaire opaque de la Chine, pour répondre d’accusations d'espionnage

Riyaz Ul Khaliq   | 27.05.2021
Chine : Procès pour espionnage d'un universitaire australien

Ankara

AA / Ankara / Riyaz ul Khaliq

La Chine a tenu, jeudi, le procès à huis clos d'un universitaire australien emprisonné depuis deux ans pour espionnage présumé, selon les médias locaux.

Lijian Zhao, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a déclaré lors d'une conférence de presse tenue à Pékin, qu'un tribunal de la capitale avait instruit le cas du citoyen d'origine chinoise Yang Jun (ou Yang Hengjun), a rapporté le quotidien d'État Global Times.

Yang, 56 ans, est accusé d'espionnage, a précisé le porte-parole, ajoutant que le tribunal "prononcera son verdict à une date ultérieure". Il est l'un des deux Australiens détenus pour des accusations d'espionnage.

"Dans la mesure où des secrets d'État sont en jeu, le procès n'est pas public", a déclaré Lijian.

Le ministère chinois des Affaires étrangères avait déclaré en octobre dernier que Yang Jun était "officiellement accusé d'espionnage".

L'affaire de Yang a ensuite été renvoyée devant le tribunal populaire intermédiaire n° 2 de Pékin pour être instruite.

Il a été interpellé en janvier 2019 à l'aéroport de Guangzhou alors qu'il avait atterri dans la ville chinoise avec sa famille après un vol en provenance des États-Unis. La Chine a formellement porté des accusations d'espionnage contre lui en août 2019.

L'universitaire australien risque la peine de mort ou de longues années de prison.

D'autre part, Cheng Lei, une journaliste australienne d'origine chinoise, qui travaillait pour le radiodiffuseur public chinois CGTN, a été formellement arrêtée en février pour "suspicion de fourniture illégale de secrets d'État à l'étranger."

Elle avait été placée en détention en août de l'année dernière, avant que l'Australie ne confirme son arrestation en février.

L'ambassadeur d'Australie à Pékin, Graham Fletcher, qui a tenté d'assister au procès de Yang, aurait été refoulé par les autorités locales.

"C'est profondément regrettable, préoccupant et insatisfaisant", a déclaré l'ambassadeur Fletcher à la chaîne d'information Hongkongaise RTHK devant la salle d'audience.

"Nous avons depuis longtemps exprimé des réserves sur cette affaire, notamment sur le manque de transparence, et nous concluons donc qu'il s'agit d'un cas de détention arbitraire", a-t-il ajouté.

La ministre australienne des Affaires étrangères, Marise Payne, a déclaré, jeudi, que l'avocat avait rencontré Yang le 21 mai, exprimant son inquiétude quant à "une représentation juridique tardive et limitée en Chine".

"Nous n'avons vu aucune explication ou preuve des accusations qui ont été portées contre lui", a déclaré Mme Payne, ajoutant que Yang a reçu un soutien consulaire "de toutes les manières possibles" de la part de l'ambassade d'Australie à Pékin.

Elle a ajouté que l'Australie ne s'immisçait pas dans le système judiciaire chinois mais que "les préoccupations que nous avons exprimées sont légitimes", espérant que le procès sera "transparent".


*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj

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