Chauffeur de VTC tué à Marseille : 17 ans de prison pour l’adolescent recruteur du narcotrafic
- Jugé à huis clos à Paris pour homicide volontaire en bande organisée, le mineur de 15 ans encourait jusqu’à 20 ans de réclusion. Il avait abattu en octobre 2024 un conducteur sans lien avec la cible visée
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
L’adolescent jugé pour le meurtre d’un chauffeur de VTC à Marseille en octobre 2024 a été condamné jeudi à 17 ans de réclusion criminelle par le tribunal pour enfants de Paris, au terme de trois jours de procès à huis clos.
Âgé de 15 ans, le mineur, dont l’identité ne peut être divulguée, a été reconnu coupable d’homicide volontaire en bande organisée. La procédure avait été dépaysée à Paris. Pour la première fois dans ce type d’affaire, les réquisitions ont été portées par le nouveau Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), entré en fonction début janvier dans la capitale.
Au moment des faits, le 4 octobre 2024, l’accusé avait 14 ans. Du fait de son âge, il encourait un maximum de 20 ans de prison, l’excuse de minorité ne pouvant être écartée.
Les faits s’inscrivent dans un contexte de narcocriminalité marseillaise. Recruté sur internet, notamment via le réseau Snapchat, le jeune Avignonnais avait accepté un contrat visant un narcotrafiquant rival. Installé dans un hôtel à Marseille après avoir été récupéré dans le Gard, il avait reçu une arme et un téléphone.
Pour se rendre dans le quartier Félix-Pyat (3e arrondissement), où il pensait trouver sa cible, il avait commandé un VTC via l’application Bolt. Durant le trajet, à la suite d’un différend dont la nature n’a pas été clarifiée, il avait tiré une balle à l’arrière du crâne du conducteur, Nessim Ramdane, 36 ans, père de famille. Le véhicule avait ensuite été retrouvé encastré contre le mur d’une école maternelle.
Peu après la découverte du corps, la police avait reçu l’appel d’un détenu se présentant comme membre du gang marseillais dit « DZ Mafia », affirmant avoir commandité un meurtre pour venger la mort d’un adolescent envoyé précédemment intimider un rival et tué dans des circonstances particulièrement violentes. Mécontent que la mauvaise personne ait été abattue, le commanditaire avait dénoncé le mineur aux enquêteurs.
Selon des éléments communiqués après les faits par le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, le jeune homme était placé en foyer depuis l’âge de neuf ans, ses parents étant détenus dans des affaires liées aux stupéfiants. Lors de son interpellation, il était également mis en cause dans plusieurs autres procédures non encore jugées.
À l’issue de quatre heures de délibéré, le tribunal a prononcé une peine proche du maximum encouru. Avant l’audience, l’avocate de la famille de la victime, Me Anne Santana-Marc, avait appelé à une sanction « exemplaire », estimant que « la justice est le dernier rempart à la violence ». Les avocates du mineur, Mes Coline Grindel et Eva Bensoussan, avaient pour leur part évoqué un drame « inévitable » au regard des carences familiales et institutionnelles.
