Carburants : Éric Coquerel appelle à un blocage des prix du carburant face aux tensions au Moyen-Orient
- Le député LFI de Seine-Saint-Denis estime que la flambée des prix liée au conflit doit être contenue par une action gouvernementale, tandis que la Banque de France appelle à la prudence face aux premières répercussions économiques
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Le député de La France insoumise (LFI) Éric Coquerel a appelé ce jeudi le gouvernement à envisager un blocage des prix du carburant afin de contenir les effets de la hausse des cours de l’énergie provoquée par la guerre en cours au Moyen-Orient.
Invité sur France Info, l’élu de Seine-Saint-Denis a estimé que l’augmentation des prix du carburant constitue un enjeu majeur pour le pouvoir d’achat des ménages. « La question du carburant rentre dans le pouvoir d’achat des Français de manière importante, donc je pense qu’il faut réfléchir à un blocage des prix », a-t-il déclaré, ajoutant craindre qu’« il soit trop tard si l’on tarde à agir ».
Selon lui, une telle mesure pourrait être financée en partie par les marges des distributeurs et des compagnies pétrolières. « Vu les marges des distributeurs et des pétroliers dans la situation actuelle, on peut faire en sorte que le blocage des prix se fasse sur leurs marges », a-t-il affirmé.
Le député a également appelé le ministre de l’Économie à organiser un débat à l’Assemblée nationale sur les conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient et les mesures susceptibles d’être prises pour protéger les consommateurs.
Par ailleurs, Éric Coquerel a critiqué la position diplomatique française dans le contexte du conflit régional, estimant que Paris devrait appeler à un cessez-le-feu immédiat. « La position française doit être celle d’un cessez-le-feu immédiatement », a-t-il déclaré, évoquant notamment le déploiement du porte-avions Charles-de-Gaulle.
Interrogé sur l’hypothèse qu’un cessez-le-feu puisse laisser en place les autorités iraniennes actuelles, l’élu a estimé que les interventions extérieures ne conduisent pas nécessairement à des solutions plus favorables. « L’objectif de Donald Trump, ce n’est pas de remplacer le régime des mollahs par une démocratie », a-t-il ajouté.
Ces déclarations interviennent alors que les marchés de l’énergie enregistrent une hausse rapide depuis le déclenchement des hostilités dans la région.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a indiqué mercredi sur France Inter que les prix du pétrole ont augmenté d’environ 15 % en trois jours, tandis que ceux du gaz ont progressé de plus de 50 %. Il a toutefois précisé que les prix du gaz partaient « d’un niveau très bas » et demeuraient encore inférieurs aux niveaux atteints lors du début de la guerre en Ukraine en 2022.
« Nous suivons extrêmement près la situation parce qu’elle est sérieuse, mais il est trop tôt pour en tirer des prévisions économiques », a-t-il ajouté.
Le ministre de l’Économie a pour sa part assuré qu’il n’existait pas, à ce stade, de risque de pénurie de carburant en France.
La hausse des prix de l’énergie, provoquée par les tensions géopolitiques, suscite régulièrement des débats sur l’intervention de l’État pour réguler les prix. Le blocage des prix consiste à fixer temporairement un plafond légal au-delà duquel les carburants ne peuvent être vendus, afin de protéger le pouvoir d’achat des consommateurs face à une flambée des marchés.
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