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Carburants : le gouvernement alerte sur un risque de crise « systémique » liée au conflit au Moyen-Orient

- Face à la hausse des prix, l’exécutif invoque la spéculation et privilégie des mesures ciblées plutôt qu’un soutien généralisé

Serap Doğansoy  | 24.03.2026 - Mıse À Jour : 24.03.2026
Carburants : le gouvernement alerte sur un risque de crise « systémique » liée au conflit au Moyen-Orient

Istanbul

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

Le gouvernement a alerté ce mardi à l’Assemblée nationale sur le risque d’une crise énergétique « systémique » en cas d’extension du conflit au Moyen-Orient aux infrastructures de production, alors que la hausse des prix des carburants suscite des appels à des mesures rapides pour soutenir les ménages.

Interpellé par le député Christophe Naegelen (LIOT), qui a demandé des « mesures concrètes et rapides » pour faire baisser les prix des carburants « pour tous ceux dont l’activité et la vie en dépendent », l’exécutif a mis en avant les conséquences de la guerre sur les marchés énergétiques.

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a évoqué « les conséquences multiples » du conflit, soulignant que la situation actuelle tient moins à un problème d’approvisionnement qu’à « un sujet de spéculation » et de « volatilité des prix ».

Selon lui, l’enjeu principal réside dans le risque d’escalade du conflit. « Ce qui se joue en ce moment même, c’est que cette guerre qui cible la circulation maritime ne se transforme pas en une guerre de destruction des infrastructures de production d’énergie », a-t-il déclaré devant les députés. Une telle évolution entraînerait « inévitablement une crise systémique », c’est-à-dire une crise généralisée affectant l’ensemble de l’économie mondiale, « autrement plus grave » que celle observée depuis trois semaines.

Le gouvernement a insisté sur le fait que la France ne dépend pas directement des hydrocarbures en provenance des pays du Golfe, mais reste exposée aux fluctuations des marchés internationaux, où les prix sont influencés par les anticipations et les tensions géopolitiques.

Dans sa réponse, Lecornu a également souligné que la situation diffère de celle de 2022-2023, marquée par la dépendance au gaz russe, et a écarté à ce stade des mesures généralisées de soutien, jugées coûteuses pour les finances publiques.

Plusieurs leviers ont néanmoins été détaillés. Le gouvernement a évoqué le recours aux stocks stratégiques, réserves de pétrole constituées par les États pour faire face aux crises, l’augmentation des capacités de raffinage en France, ainsi que le renforcement du contrôle des marges des distributeurs par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), chargée de veiller au respect des règles de concurrence et à la protection des consommateurs .

Des mesures ciblées ont par ailleurs été annoncées pour certaines professions fortement dépendantes du carburant, notamment les pêcheurs, les agriculteurs et les transporteurs, tandis que d’autres secteurs pourraient être concernés à mesure de l’évolution de la crise.

Le gouvernement a enfin exclu toute pénurie à ce stade, tout en reconnaissant un « enjeu d’endurance » face à une situation jugée incertaine et évolutive, dans un contexte où les tensions internationales continuent d’alimenter les fluctuations des prix de l’énergie.



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