Fatma Bendhaou
03 Juin 2021•Mise à jour: 03 Juin 2021
AA / Montréal / Hatem Kattou
Des dirigeants des populations autochtones au Canada exigent des excuses de la part de l’Eglise catholique, qui se doit de reconnaître, selon eux, sa « responsabilité pour les atrocités commises envers des enfants et des familles des premiers peuples au Canada », ont rapporté des médias locaux.
Cette réclamation a été faite, quelques jours après la macabre découverte des ossements de 215 enfants de cette population, sur le site d’un ancien pensionnat autochtone, dans la province de la Colombie-Britannique (ouest).
La « Société des survivants des pensionnats autochtones » (SSPA) souligne que l'Eglise catholique était responsable de l’administration des trois quarts des pensionnats où ont été internés plus de 150 mille enfants autochtones pendant environ un siècle. Le reste des pensionnats était géré par les églises anglicane et presbytérienne.
Il convient que rappeler que « l'Eglise unie » (Eglise protestante canadienne, la deuxième du pays) avait présenté, en 1998, ses excuses et admis sa responsabilité dans « le fonctionnement des pensionnats autochtones ».
Toutefois, l’Eglise catholique romaine au Canada, qui comprend 12 millions d’adeptes (en 2011) et première Eglise du pays, n’en a jamais fait autant.
Angela White, directrice générale de la SSPA a tenu à dire que « l’Église catholique a causé le plus grand tort et elle doit présenter des excuses officielles ».
De plus, a-t-elle renchéri, ces excuses « doivent s’accompagner de ressources pour aider les communautés autochtones à surmonter cette épreuve déchirante ».
« Nous devrions lui demander de rendre des comptes pour fournir des ressources, que ce soit de l'argent ou des conseils, pour les dommages qu'elle a causés, afin que la guérison puisse se poursuivre », a-t-elle déclaré.
« Nous ne devrions pas avoir à trouver comment nous allons guérir, alors que c'est l'Église qui a fait les dégâts », a ajouté White.
De son côté, l'Église catholique n'a jamais souhaité présenter ses excuses, arguant que les pensionnats des autochtones étaient gérés par les diocèses et les ordres religieux qui les administraient.
Pour ce qui est du pensionnat où ont été retrouvés les restes des 215 enfants en Colombie-Britannique, il était géré, de 1890 à 1969, par « les Oblats de Marie Immaculée », une congrégation religieuse locale.
En 1991, cette congrégation a présenté ses excuses, pour « le rejet de nombreuses richesses de la tradition religieuse autochtone et pour les violences sexuelles et physiques perpétrées dans les pensionnats autochtones ».