Lassaad Ben Ahmed
06 Février 2019•Mise à jour: 10 Février 2019
AA / Ouagadougou / Wendyam Valentin Compaoré
Le président nigérien Issoufou Mahamadou a passé le flambeau de la présidence de la force conjointe du G5 Sahel à son homologue burkinabè, Roch Marc Kaboré qui prendra son commandement pour un mandat d’une année.
C’était à l’occasion de la 5e conférence ordinaire des chefs d’Etat de ladite force qui a eu lieu le mardi 5 février à Ouagadougou, en présence des présidents malien, Ibrahim Boubaker Keita, Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz et tchadien Idriss Déby Into.
« Malgré la modestie de ses moyens et ses quelques années d’existence, le G5 Sahel s’est imposé comme une véritable force, un puissant moyen de lutte contre les menaces sécuritaires multiples dans la région », a soutenu le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré à cette occasion.
Pour lui, le G5 Sahel doit être une réponse appropriée, avec une grande capacité d’anticipation, sur les chantiers du développement et de la sécurité, au regard des défis qui demeurent.
« D’autres initiatives doivent être prises pour renforcer notre solidarité et nos capacités opérationnelles sur le terrain dans la lutte contre le terrorisme, en impliquant les populations à la base, ainsi que les organisations de la société civile », a-t-il insisté.
Avec 2.4 milliards d’euro enregistrés au titre d’intentions de financement de la force conjointe, des actions déterminantes devraient prochainement voir le jour, a appris le correspondant d'Anadolu au Burkina Faso.
Celles-ci prendront en compte la mise en place d’institutions qui participent à la création d’un environnement propice aux services sociaux de base, toute chose qui permettra de lutter efficacement contre la radicalisation, dans les zones frontalières selon la déclaration finale lue par Maman Sambo Sidikou, secrétaire permanent du G5 Sahel.
Enfin, pour ce qui est des perspectives, la force conjointe s’active à être en phase avec les défis du moment. D’ores et déjà, elle peut compter sur le soutien du Japon, qui lui vient en aide avec une assistance financière d’une valeur de 23 millions de dollars dont 2.7 millions pour le Burkina Faso.
Pour rappel, le G5 Sahel a été créé lors d'un sommet le 16 Février 2014 à Nouakchott qui a réuni les présidents la Mauritanie, du Mali, du Niger et du Burkina Faso.
Son principal objectif est de lutter contre le terrorisme et le crime organisé dans le Sahel en mutualisant les différentes forces de ses pays membres.
Lors d’une réunion, tenue le 6 décembre 2018 à Nouakchott, les cinq pays de la force ont ajouté une composante développement à l’action du G5 Sahel, considérant qu’elle est aussi importante de la lutte armée.
Quelque 40 projets ont été identifiés dans le cadre d’un programme d’investissement prioritaire (PIP) avec un total investissement de plus de 2 milliards d’euros, dont 1,3 sont promis par la France et l’Union européenne.