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Bosnie-Herzégovine : les pierres tombales médiévales monumentales en documentaire

- Le documentaire aborde l'importance des "stecaks" réalisées par le sculpteur bosniaque Adis Fejzic, ravivant la tradition qui est entrée dans l'Histoire il y a près de cinq siècles

Kemal Zorlak, Sanela Crnovrsanin   | 13.09.2021
Bosnie-Herzégovine : les pierres tombales médiévales monumentales en documentaire

Bosnia and Herzegovina

AA / Sarajevo

L'histoire des pierres tombales monumentales qui datent de l'ère médiévale en Bosnie-Herzégovine, aussi appelées "stecak", a été transformée en documentaire.

Le documentaire intitulé "Le Nouvel Écrivain de Stecak", réalisé par Dragan Stanimirovic, a été présenté lors du quatrième Festival International de Films Documentaires (AJB DOC) organisé par Al Jazeera Balkans, en Bosnie-Herzégovine.

Le documentaire, qui aborde l'importance des stecaks à travers des pierres tombales monumentales modernes réalisées par le sculpteur bosniaque Adis Fejzic, ravivant la tradition des stecaks qui est entrée dans l'Histoire il y a près de cinq siècles, suit les étapes de la construction d'une pierre tombale monumentale préparée à la demande des Bosniaques qui se sont installés au Danemark pendant la guerre de Bosnie (1992-1995).

"Tout a commencé quand j'ai vu que l'une des pierres tombales monumentales modernes fabriquées par Fejzic était placée devant le Parlement australien", a déclaré Stanimirovic, qualifiant le documentaire de pur hasard.

- "Stecak est la pierre du passé et du futur"

Il a essayé de contacter Fejzic sans succès parce que le sculpteur bosniaque n'utilisait pas les médias sociaux.

"Cinq ans plus tard, j'ai appris que Fejzic avait commencé à fabriquer une nouvelle pierre tombale à Sarajevo. Cette fois, il a été préparé sur ordre des Bosniaques du pays pour le 25ème anniversaire des relations diplomatiques entre le Danemark et la Bosnie-Herzégovine", a déclaré Stanimirovic.

Le réalisateur a noté qu'ils avaient finalement contacté le sculpteur et commencé à tourner le documentaire, ajoutant qu'en raison des problèmes de santé de Fejzic, le tournage sera presque fait à moitié.

"Les médecins ont dit à Adis qu'il devrait se reposer pendant au moins six mois. Il ne pourrait pas terminer le stecak qu'il a commencé le 25 novembre. Heureusement, il a réussi à le terminer avec l'aide d'étudiants et de sculpteurs", a-t-il poursuivi.

Soutenant que Fejzic considère les stecaks non pas comme des pierres tombales ordinaires, mais comme des monuments culturels uniques de la Bosnie-Herzégovine, Stanimirovic a déclaré : "Lui-même, comme les archéologues et d'autres experts, soutient que chacune des 100 mille stecaks qui ont survécu à ce jour est différente des autres."

Notant que l'État n'a pas pris de mesures concrètes pour protéger les stecaks, Stanimirovic a indiqué que les pierres tombales en question appartiennent aux habitants et bénévoles de la région où on les retrouve.

Ses opinions sur les stecaks ont changé après le tournage du documentaire, pense Stanimirovic, qui poursuit : "Le stecak est la pierre du passé et du futur. Je pense que c'est autant un symbole du passé qu'un symbole des rencontres des cultures entre elles."

- "Les symboles trouvés sur les stecaks portent des histoires profondes sur notre passé"

Almir Berkovac, le producteur du film, pense également que les documentaires sont des auto-récits.

"Les documentaires sont vivants, vous ne savez pas ce que vous rencontrerez à partir du moment où vous commencez à tourner. C'est peut-être ce qui rend le film documentaire spécial", a-t-il précisé.

"En fin de compte, nous nous sommes rendus dans toute la Bosnie-Herzégovine, même au Danemark et en Australie", a poursuivi Berkovac, qui estimait au départ que le tournage prendrait un jour ou deux.

Les gens pensaient connaître les stecaks, mais se sont rendus de leur complexité dès l'entame de leur analyse, s'est dit Berkovac, ajoutant qu'ils ont essayé de rendre le film à la fois instructif et visuellement intéressant.

"L'un de nos objectifs en réalisant le film était de transmettre les histoires sur ces pierres tombales intéressantes, qui sont différentes les unes des autres. Les symboles sur les stecaks portent des histoires profondes sur notre passé", a-t-il précisé.

Au festival AJB DOC, dont l'Agence Anadolu (AA) est le partenaire global de communication, 23 documentaires, répartis en 11 catégories, de différentes parties du monde et pays de la région, seront présentés aux cinéphiles.

Cette année, dans le cadre du festival organisé sous le slogan "Challenge", 3 prix seront décernés dans la section compétition d'AJB DOC, notamment "AJB Main Award", "AJB Program Award" et le "Prix du public".

*Traduit du turc par Alex Sinhan Bogmis

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