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Bosnie : 25ème anniversaire du génocide de Srebrenica

- La Bosnie a rendu un dernier hommage à 9 victimes récemment identifiées du génocide de Srebrenica de 1995

Mourad Belhaj   | 11.07.2020
Bosnie : 25ème anniversaire du génocide de Srebrenica

Belgrade

AA / Srebrenica, Bosnie-Herzégovine / Talha Ozturk

La Bosnie-Herzégovine a commémoré, samedi, le 25e anniversaire du génocide de Srebrenica survenu en 1995, en rendant un dernier hommage, lors d'un service commémoratif, à neuf victimes du massacre récemment identifiées .

Le 11 juillet de chaque année, les victimes nouvellement identifiées du génocide sont inhumées dans un cimetière commémoratif (mémorial) à Potocari, dans l'est de la Bosnie. Des milliers de visiteurs de différents pays assistent à la cérémonie.

Le mémorial est le haut lieu du souvenir pour les amis et les parents des victimes, principalement des hommes et des adolescents, assassinés par les milices serbes bosniaques.

Les leaders du monde entier ont envoyé des messages vidéo lors de la cérémonie de cette année, marquant l'anniversaire du génocide, dans un contexte de pandémie de coronavirus.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan était au nombre des dirigeants qui ont adressé un message.

Erdogan a déclaré que bien qu'un quart de siècle se soit écoulé depuis le génocide, notre douleur est encore vive.

"Bien que je ne sois pas physiquement parmi vous à cause du coronavirus, mes sentiments et mes pensées se portent toujours vers la Bosnie, je suis toujours avec vous", a-t-il ajouté.

"Nous n'oublierons jamais nos martyrs ni le génocide de Srebrenica", a déclaré le Président Erdogan.

Le Chef de l'Etat turc a conclu son discours par un message exprimant la solidarité de la Turquie et du peuple turc avec la Bosnie-Herzégovine.

- Une terrible réalité

Sefik Dzaferovic, le membre bosniaque de la présidence bosniaque, a déclaré que Srebrenica est devenue synonyme de la souffrance des innocents, et que le crime qui y a été perpétré a été qualifié par le seul véritable terme : Génocide.

" Nous sommes ici aujourd'hui, dans la vallée de Potocari, dans la douleur et le chagrin, pour nous recueillir ensemble devant les dépouilles de neuf victimes innocentes, dont certaines étaient de jeunes hommes, tués uniquement parce qu'ils [...] étaient Bosniaques, " a déclaré M. Dzaferovic.

"Aujourd'hui, 25 ans après le massacre, le monde civilisé tout entier a pris conscience de l'ampleur du crime perpétré et des erreurs commises", a déclaré M. Dzaferovic.

Dans son message vidéo, le président slovène Borut Pahor a déclaré que la clé pour l'avenir de la Bosnie "est la vérité et non le déni".

"Nous ne pouvons pas changer le passé, mais nous pouvons changer l'avenir. Pour l'avenir de la Bosnie-Herzégovine, la clé réside dans la vérité et non dans le déni, dans le respect et non dans la haine, dans un dialogue ouvert et non dans les querelles", a déclaré M. Pahor.

Le président monténégrin Milo Djukanovic a déclaré que le génocide de Srebrenica est une honte partagée par tous ceux qui ne l'ont pas empêché.

"C'est un témoignage de la terrible réalité d'une guerre sanglante, un éternel avertissement et un rappel à tous nos peuples que sans la vérité du passé, il n'y aura pas d'avenir paisible ou sûr", a déclaré Djukanovic.

Salko Ibisevic, qui n'avait que 23 ans lorsqu'il a été tué, est la plus jeune victime à avoir été inhumée cette année. Hasan Pezic, le plus âgé, avait 70 ans et a été mis en terre lors de la cérémonie de cette année.

- Commémorations

Sur le pont historique de Mostar, ville multiconfessionnelle emblématique, les gens se sont également réunis, jeudi, pour jeter des fleurs de lys blancs dans la rivière Neretva, pour symboliser l'innocence des victimes du génocide.

Des centaines de motards venus de toute l'Europe ont également organisé une procession de Sarajevo, la capitale du pays, à Srebrenica pour rendre hommage aux victimes.

Plus de 300 cyclistes venus de tout le pays se sont également réunis dans la ville de Bihac, dans le nord du pays, pour honorer les victimes. Un groupe de 10 cyclistes a également décollé, lundi, de Vienne, la capitale autrichienne.

Une marche pour la paix se déroulant sur trois jours à Zvornik pour commémorer le 25e anniversaire du génocide de Srebrenica a débuté mercredi dans un contexte marqué par l'épidémie de Covid-19.

Des milliers de personnes du monde entier se retrouvent traditionnellement chaque année dans la ville bosniaque de Nezuk pour participer à cette marche. Cette année, elle a commencé à Crni Vrh, près de Zvornik, car de nouveaux cas de Covid-19 ont été récemment détectés à Nezuk.

Les participants ont défilé pendant trois jours et ont passé des nuits dans des zones spécialement prévues à cet effet, avant de se rendre au cimetière de Potocari, où la cérémonie funéraire et les obsèques des neuf victimes ont eu lieu.

Depuis 2005, des milliers de personnes ont participé à la Marche de la Paix ("Mars Mira" en bosniaque), en empruntant le même chemin forestier que celui emprunté par les Bosniaques lorsqu'ils fuyaient le génocide de Srebrenica.

Plus de 8 300 hommes et jeunes adolescents musulmans bosniaques ont été tués après que les forces serbes bosniaques aient attaqué la "zone de sécurité" de l'ONU à Srebrenica en juillet 1995, malgré la présence d'un contingent néerlandais chargé d'agir en tant que casques bleus internationaux.

Srebrenica était assiégée par les forces serbes qui tentaient d'arracher des territoires aux Musulmans et Croates de Bosnie pour former leur propre État.

Le Conseil de sécurité des Nations unies avait déclaré Srebrenica "zone de sécurité" au printemps 1993. Cependant, les troupes serbes dirigées par le général Ratko Mladic - plus tard reconnu coupable de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide - ont envahi la zone de sécurité de l'ONU.

Les troupes néerlandaises ne parvinrent pas à s'interposer lorsque les forces serbes occupèrent la zone, tuant environ 2 000 hommes et adolescents pour le seul jour du 11 juillet. Quelque 15 000 habitants de Srebrenica ont fui dans les montagnes environnantes, mais les troupes serbes ont pourchassé et tué près de 6 000 d'entre eux dans les forêts de la région.

*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj

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