Berlin juge « insuffisants » les efforts français en matière de défense et appelle Paris à « faire des économies »
- Le ministre allemand des Affaires étrangères estime que la France doit accroître ses dépenses militaires pour atteindre l’objectif fixé au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, en réduisant notamment certaines dépenses sociales
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
L’Allemagne a jugé « insuffisants » les efforts déployés par la France pour augmenter ses dépenses de défense et renforcer la souveraineté européenne, appelant Paris à « faire des économies », notamment dans le domaine social, pour atteindre les objectifs fixés au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN).
Dans un entretien accordé ce lundi à la radio allemande Deutschlandfunk, le ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a déclaré que les ambitions françaises en matière de souveraineté européenne devaient se traduire par des mesures concrètes au niveau national. « Quiconque en parle doit agir en conséquence dans son propre pays », a-t-il affirmé, estimant que « les efforts déployés jusqu’à présent en France sont insuffisants ».
Le chef de la diplomatie allemande a évoqué l’objectif affiché par les États membres de l’Alliance atlantique d’atteindre, d’ici à 2035, un niveau de dépenses consacrées à la sécurité équivalant à au moins 5 % de leur produit intérieur brut. Cet objectif est défendu sous l’impulsion du président américain Donald Trump.
Selon Wadephul, « des progrès sont à faire » dans plusieurs pays européens, citant implicitement la France. Il a appelé Paris à « faire des économies », en particulier dans le domaine social, afin de « disposer de la marge de manœuvre nécessaire pour atteindre l’objectif central de la capacité de défense de l’Europe ».
Le ministre allemand a par ailleurs rejeté l’idée, défendue par le président français Emmanuel Macron, d’une mutualisation européenne des emprunts pour financer de vastes investissements en matière de défense. Faisant écho à la position du chancelier Friedrich Merz, il a souligné que l’engagement des 5 % correspondait à des « dépenses nationales » et non à un financement commun à l’échelle européenne.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de débats accrus au sein de l’Alliance atlantique sur le partage de l’effort de défense et sur le financement du renforcement des capacités militaires européennes.
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