Belgique : quatre arrestations dans une enquête pour crimes contre l’humanité liés au conflit camerounais
- Le parquet fédéral vise des membres présumés des Forces de défense de l’Ambazonie, soupçonnés d’avoir collecté des fonds en Belgique pour financer des attaques dans les régions anglophones du Cameroun
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Quatre personnes ont été arrêtées en Belgique dans le cadre d’une enquête pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre liés au conflit séparatiste dans l’ouest du Cameroun, a annoncé ce mardi le parquet fédéral belge. Trois des suspects ont été placés en détention provisoire, tandis qu’une quatrième personne a été remise en liberté, sans précision sur d’éventuelles conditions.
L’enquête cible les Forces de défense de l’Ambazonie (ADF) un groupe armé séparatiste qui lutte pour l’indépendance des régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Elle est menée en coopération avec la Norvège et les États-Unis, selon le parquet.
Les arrestations ont eu lieu dimanche 1er mars lors de perquisitions menées simultanément à Anvers et à Londerzeel, en Brabant flamand, au nord de Bruxelles. Selon le parquet fédéral, plusieurs personnes résidant en Belgique sont soupçonnées d’appartenir à la direction de ce groupe armé et d’avoir participé à la collecte de fonds.
« Depuis la Belgique, des fonds auraient été collectés pour l’achat d’armes et de munitions » destinées à « des attaques et des liquidations au Cameroun », précise le communiqué. Les faits examinés s’inscrivent dans le cadre de crimes dits de droit international, c’est-à-dire les infractions les plus graves reconnues par le droit pénal international, telles que les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre.
Le parquet indique enquêter depuis l’été 2025 sur des faits qui auraient été commis au Cameroun depuis 2020. Il s’appuie notamment sur un rapport transmis par les autorités judiciaires norvégiennes.
Le chef présumé de l’ADF, Lucas Cho Ayaba, est actuellement détenu en Norvège. Arrêté en septembre 2024, il est soupçonné par la justice norvégienne de crimes de guerre, des accusations qu’il conteste.
Le Cameroun, pays d’Afrique centrale majoritairement francophone, est confronté depuis 2016 à un conflit armé dans ses deux régions anglophones. Celui-ci oppose des groupes séparatistes aux forces de sécurité. Selon l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch, au moins 6 000 civils ont été tués depuis le début des violences.
Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest étaient administrées par le Royaume-Uni après la Première Guerre mondiale, à la suite du partage de l’ancienne colonie allemande du Kamerun entre la France et le Royaume-Uni. En 1961, une partie du territoire britannique a choisi par référendum de rejoindre le Cameroun indépendant, tandis qu’une autre a été rattachée au Nigeria.
Le conflit actuel a éclaté en 2016 après la répression de manifestations dans ces régions, où une partie de la population estime être marginalisée par le pouvoir central dirigé par le président Paul Biya, en fonction depuis 1982.
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