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Belgique : accord à Bruxelles pour un gouvernement régional après plus de 600 jours de blocage

- Une coalition de sept partis met fin à une crise politique record dans la capitale belge, paralysée depuis les élections de juin 2024

Serap Doğansoy  | 13.02.2026 - Mıse À Jour : 13.02.2026
Belgique : accord à Bruxelles pour un gouvernement régional après plus de 600 jours de blocage

Istanbul

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

Un accord a été conclu ce jeudi à Bruxelles pour former un nouvel exécutif régional, mettant un terme à plus de 600 jours de crise politique dans la capitale belge. La coalition, annoncée en début de soirée par plusieurs dirigeants de partis, réunira sept formations issues de la gauche et de la droite.

Le président du Mouvement réformateur, Georges-Louis Bouchez, dont le parti est arrivé en tête dans la région, a officialisé l’entente devant la presse. D’autres responsables politiques ont confirmé dans la foulée la formation de cette majorité, articulée autour du Mouvement réformateur et du Parti socialiste, les deux premières forces politiques francophones à Bruxelles.

L’accord est intervenu à l’issue de trois jours de négociations intensives entre les principales formations concernées. Les partis membres doivent désormais soumettre le texte à l’approbation de leurs instances internes.

La région de Bruxelles-Capitale, qui compte environ 1,2 million d’habitants, était sans gouvernement de plein exercice depuis le lendemain des élections régionales de juin 2024. Le scrutin avait accentué la fragmentation du paysage politique, avec quatorze partis représentés au Parlement régional.

Dans ce Parlement de 89 sièges, dont 72 sont réservés aux élus francophones et 17 aux néerlandophones, une majorité devait être constituée dans chacun des deux collèges linguistiques, conformément au système institutionnel belge. Côté néerlandophone, quatre partis participeront à la coalition, dont les écologistes flamands de Groen et les libéraux flamands d’Anders, ancienne dénomination d’Open VLD.

Les négociations avaient été ralenties par des vétos croisés entre formations, notamment sur la participation de l’Alliance néo-flamande, parti conservateur du Premier ministre Bart De Wever, à la majorité régionale. Sa présence était jugée inacceptable par le Parti socialiste francophone. L’entrée des libéraux flamands d’Anders a permis de dégager une majorité néerlandophone sans inclure les partis considérés comme extrêmes.

L’absence d’exécutif régional empêchait l’adoption d’une trajectoire budgétaire, contraignant la région à suspendre plusieurs investissements et subventions. Fin janvier, le roi Philippe s’était inquiété publiquement des conséquences de cette situation pour les habitants.

La Belgique, dotée d’un système proportionnel et organisée en plusieurs niveaux de pouvoir, État fédéral, régions et communes, est régulièrement confrontée à des négociations prolongées pour la formation de gouvernements. Toutefois, la durée de l’impasse bruxelloise dépasse celle de la crise fédérale de 2010-2011, durant laquelle le pays était resté 541 jours sans gouvernement de plein exercice.

Depuis fin 2025, un collectif citoyen dénommé Respect Brussels avait organisé plusieurs manifestations pour dénoncer l’absence de majorité et les retards dans la gestion budgétaire. Selon le dirigeant centriste Yvan Verougstraete, chaque mois de blocage accroissait l’endettement de la région d’environ 100 millions d’euros.

La nouvelle coalition régionale doit désormais entrer en fonctions après validation formelle par les partis concernés.

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