Istanbul
AA / Istanbul / Mariem Njeh
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a accordé samedi un entretien à France Télévisions, dans lequel il a abordé les principaux dossiers liés à la guerre au Moyen-Orient.
- La France n'a pas approuvé les opérations américano-israéliennes
Interrogé sur la stratégie américaine après l'annonce par Donald Trump de frappes supplémentaires contre l'Iran et l'envoi de bombardiers B-52, Barrot a déclaré : « Je ne sais pas, et c'est la raison pour laquelle nous n'avons pas approuvé ces opérations militaires américano-israéliennes qui n'avaient pas de but clairement défini, qui étaient conduites en dehors du droit international, et qui emportent avec elles le risque d'un embrasement régional. »
Il a ajouté que ces risques et dangers sont « sans doute supérieurs aux solutions que les Israéliens et les Américains entendent apporter » au problème posé par le régime iranien.
- Les bases françaises conditionnées
Sur la question de l'accès des avions américains aux bases françaises, Barrot a indiqué que la France « accorde les autorisations en fonction de la mission qui nous est présentée ». Il a précisé avoir obtenu des garanties que les moyens américains accueillis sur la base d'Istres « ne soient en aucun cas utilisés pour des opérations militaires en Iran ».
- Rapatriements : 800 Français via vols affrétés, 3 500 via vols commerciaux
Sur les rapatriements, Barrot a indiqué que six vols affrétés ont été organisés depuis le début de la guerre, permettant à « 800 ressortissants français les plus vulnérables » de rentrer en France. Cinq vols supplémentaires sont prévus d'ici mardi prochain.
En parallèle, la France a obtenu des autorités émiraties une augmentation du nombre de vols commerciaux à destination de Paris, passant d'un vol jeudi à cinq vols vendredi et cinq vols samedi, permettant à « 3 500 personnes » de rentrer. Six vols sont prévus dimanche et lundi au départ des Émirats.
- Liban : risque humanitaire et condamnation des propos israéliens
Sur la situation au Liban, où les autorités libanaises font état de plus de 300 morts depuis lundi, Barrot a exprimé ses craintes d'une catastrophe humanitaire, rappelant qu'à l'automne 2024, une escalade similaire avait provoqué « des milliers de morts, des dizaines de milliers de blessés et plus d'un million de déplacés ».
Il a appelé le Hezbollah à « arrêter de tirer sur Israël » et demandé à Israël de « s'abstenir de rentrer sur le territoire libanais, de cibler les infrastructures et de viser les civils ». Il a annoncé l'envoi d'aide humanitaire au Liban, « abris, couvertures, tapis », dont les premières livraisons sont attendues « en début de semaine prochaine ».
Interpellé sur les propos du ministre israélien Bezalel Smotrich, qui avait menacé de transformer certains quartiers du Liban en « Khan Younes », Barrot a déclaré : « Je les ai entendus moi aussi et ils m'ont profondément indigné. » Il a indiqué avoir « vivement protesté » contre ces propos lors de son dernier échange avec son homologue israélien, soulignant que « l'intérêt d'Israël, c'est d'avoir à sa frontière nord un Liban fort ».
Il a toutefois rappelé que « la responsabilité première de cette situation dramatique au Liban revient évidemment au Hezbollah, qui a commis là une lourde faute », avertissant qu'« il ne faudrait pas que par la prolongation de ses opérations militaires, Israël vienne fragiliser le Liban, qui était pourtant sur la voie du redressement ».
Il a également mentionné qu'une conférence internationale sur le renforcement de l'armée libanaise, prévue jeudi dernier à Paris, a dû être annulée en raison de l'escalade.
Sur l'attaque contre trois casques bleus ghanéens de la FINUL, Barrot a déclaré : « C'est inacceptable et c'est illégal de tirer sur des casques bleus. » Il a précisé que les responsabilités n'avaient pas encore été établies et que la France condamnerait les auteurs une fois ceux-ci identifiés.
- Cécile Kohler et Jacques Paris en Iran
Barrot a confirmé s'être entretenu samedi avec Cécile Kohler et Jacques Paris, deux ressortissants français retenus à l'ambassade de France à Téhéran avec interdiction de quitter le territoire iranien. Il a affirmé que la France allait « continuer de tout faire pour obtenir leur retour en France immédiat et leur libération définitive ».
Interrogé sur une éventuelle fermeture de l'ambassade française à Téhéran, comme l'ont fait plusieurs autres pays, Barrot a refusé de confirmer ce scénario, indiquant que le personnel diplomatique resterait « le temps voulu », notamment pour « assurer la sécurité de Cécile Kohler et Jacques Paris ».
- Le Charles de Gaulle en Méditerranée : « ce n'est pas notre guerre »
Sur le déploiement du porte-avions Charles de Gaulle et d'un porte-hélicoptères amphibie en Méditerranée, Barrot a réaffirmé : « Ce n'est pas notre guerre ». Il a précisé que la responsabilité de la France est « d'assurer la sécurité de nos compatriotes, de nos emprises, de nos partenaires dans la région avec lesquels nous sommes liés par des accords de défense », ainsi que de « limiter l'impact de cet embrasement régional sur l'économie mondiale et donc sur le pouvoir d'achat des Françaises et des Français ».
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