Automobile: le groupe français Stellantis enregistre une perte de 22,3 milliards d’euros en 2025
- Le constructeur accuse ainsi la deuxième plus importante jamais enregistrée par un groupe français, derrière Vivendi (-23,3 milliards en 2002)
Istanbul
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
Le constructeur automobile français Stellantis a annoncé jeudi, une perte nette de 22,3 milliards d’euros en 2025, conséquence directe d’une charge exceptionnelle de 25,4 milliards destinée à réviser sa stratégie dans les véhicules électriques, dont les ventes se sont révélées nettement inférieures aux attentes, en particulier aux États-Unis.
Le chiffre d’affaires annuel s’établit à 153,5 milliards d’euros (-2%), malgré une hausse des volumes à 5,48 millions de véhicules (+1%). Le groupe a enregistré une perte opérationnelle courante de 842 millions d’euros et une marge négative de 0,5%. Les résultats ont été affectés par des effets de change défavorables et par une baisse des prix au premier semestre, rompant avec la politique tarifaire élevée menée sous l’ancien directeur général Carlos Tavares.
Au second semestre, l’activité a toutefois rebondi, avec un chiffre d’affaires en hausse de 10% et 2,8 millions de véhicules vendus (+11%), porté par un bond de 39% des volumes aux États-Unis. À fin 2025, les liquidités industrielles atteignaient 46 milliards d’euros. Le groupe maintient pour 2026 une amélioration progressive du chiffre d’affaires et un retour à une marge positive « basse à un chiffre ».
L’impact des droits de douane américains est estimé à 1,2 milliard d’euros en 2025 et 1,6 milliard en 2026, prévisions confirmées malgré une décision de la Cour suprême des États-Unis invalidant des mesures tarifaires prises par le président Donald Trump.
Dans ce contexte, Stellantis a acté un revirement stratégique dans l’électrique, avec la cession de sa participation de 49% dans NextStar Energy et un désengagement envisagé de sa coentreprise avec Samsung aux États-Unis. Le groupe prévoit parallèlement de relancer des modèles thermiques, y compris diesel, en Amérique du Nord et en Europe.
Cette perte constitue la deuxième plus importante jamais enregistrée par un groupe français, derrière Vivendi (-23,3 milliards en 2002), devant France Télécom (-20,7 milliards en 2002) et EDF (-17,9 milliards en 2022). Elle dépasse largement le précédent record pour un constructeur automobile français, détenu par Renault en 2020 (-8 milliards).
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