Attaques américano-israéliennes contre l'Iran : Macron appelle à définir des objectifs militaires et politiques clairs
- Le président français évoque également le soutien à l'Ukraine, l'impact sur les engrais et des mesures nationales pour protéger le pouvoir d'achat des Français
Istanbul
AA / Istanbul / Mariem Njeh
Au-delà des grandes lignes déjà annoncées à l'issue du G7, Emmanuel Macron a apporté mercredi une série de précisions sur l'étendue des décisions prises par les pays membres.
Sur la liberté de navigation
Le président français a détaillé le dispositif sécuritaire envisagé pour rétablir la libre circulation dans les zones maritimes stratégiques. Il s'articule autour de trois volets : la présence française en Méditerranée orientale, la sécurisation de la mer Rouge de Suez à Bab-el-Mandeb dans le cadre de l'opération ASPIDES, à laquelle la France contribue déjà, et enfin la mise en place, à plus long terme, d'une coordination entre plusieurs marines pour escorter les navires à travers le détroit d'Ormuz.
« Les conditions aujourd'hui ne sont pas remplies. Le détroit est un théâtre de guerre, mais ce travail doit être organisé », a-t-il précisé, ajoutant qu'une coordination sera engagée dans les prochains jours avec les économies du Golfe.
Sur la question des mines dans le détroit, Macron a déclaré ne pas pouvoir confirmer les informations circulant dans les médias. « Je n'en ai pas la confirmation, ni par des services partenaires, ni par nos propres services », a-t-il indiqué, soulignant toutefois que « ce serait un choix lourd qu'auraient fait les Iraniens ».
Sur les réserves stratégiques
Macron a précisé que la part française dans la libération des 400 millions de barils s'élève à environ 14,5 millions de barils. Il a insisté sur le caractère progressif et coordonné de cette mise sur le marché. « On va le faire par étapes, en fonction des évolutions du marché », a-t-il expliqué, rappelant que le G7 représente environ 70 % des réserves contrôlées par l'Agence internationale de l'énergie.
Sur l'impact économique élargi
Au-delà du pétrole et du gaz, Macron a attiré l'attention sur un secteur moins visible mais tout aussi affecté : l'agriculture. « Environ un tiers des flux d'engrais mondiaux sont impactés par la situation », a-t-il averti, appelant à surveiller de près les conséquences pour les agriculteurs.
Sur les mesures nationales
Sur le plan intérieur, le chef de l'État a annoncé que le gouvernement français renforcera les contrôles pour éviter toute spéculation abusive sur les prix à la pompe. Il a salué l'engagement de plusieurs distributeurs à vendre « à prix coûtant » et appelé à ce que toute baisse des cours mondiaux se répercute « le plus vite possible » sur les prix à la pompe.
« Ce qu'on est en train de vivre, c'est le coût de la dépendance », a-t-il déclaré, plaidant pour accélérer la transition énergétique et l'électrification comme réponse structurelle à long terme.
Sur l'Ukraine et la Russie
Macron a tenu à réaffirmer que la crise au Moyen-Orient ne devait en aucun cas affaiblir le soutien occidental à l'Ukraine ni conduire à un assouplissement des sanctions contre la Russie. « Il y a eu un consensus qui n'a pas été rompu », a-t-il indiqué, saluant par ailleurs l'engagement des Ukrainiens, qui ont rapidement apporté leur soutien à plusieurs pays du Golfe en matière de lutte anti-drone.
Sur le Liban
Le président français a également évoqué la situation au Liban, annonçant l'acheminement d'une aide humanitaire à laquelle il s'était engagé. Il a réaffirmé la volonté de la France de poursuivre son soutien au Liban pour « lutter efficacement contre les actions du Hezbollah et permettre au Liban de restaurer sa pleine souveraineté ».
Sur les objectifs du conflit
Interrogé sur les intentions américaines, Macron a refusé de parler à la place de Donald Trump, tout en soulignant qu'« il est évident pour tous qu'aujourd'hui, il faut pouvoir définir des objectifs clairs sur le plan militaire et politique à ce conflit ». Il a noté que si les capacités balistiques iraniennes ont été sérieusement endommagées, que l'Iran « continue d'agresser plusieurs pays de la région » et que des groupes qui lui sont liés, notamment en Irak et au Liban, « continuent d'agir ».
Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
