Arabie saoudite : Mohammed bin Salman condamne les frappes israéliennes sur la Syrie
- Lors d'un entretien téléphonique avec Ahmad al-Charaa, le prince héritier saoudien a réaffirmé le soutien de Riyad à l'unité et à la stabilité de la Syrie, appelant à une action internationale pour empêcher l'ingérence étrangère

Istanbul
AA / Istanbul / Yusuf Alioglu - Mohammad Sio
Lors d'un entretien téléphonique avec le président syrien Ahmad al-Charaa, tenu jeudi, le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman a condamné les frappes aériennes répétées d'Israël contre la Syrie.
Selon l'agence de presse saoudienne SPA, Mohammed bin Salman a salué la réponse du gouvernement syrien aux récents troubles et s'est félicité des mesures annoncées par Al-Charaa pour contenir la crise, en particulier dans la province méridionale de Suwayda.
Le prince héritier a également souligné que la communauté internationale devait empêcher toute ingérence extérieure dans les affaires internes de la Syrie et a réitéré le rejet par Riyad des actions qui menacent la paix civile et la cohésion sociale dans le pays.
Au début de leur entretien, Bin Salman a salué les « dispositions et les mesures prises par Al-Charaa pour désamorcer la crise en Syrie », exprimant sa confiance dans la capacité du gouvernement syrien à rétablir la sécurité et la stabilité.
Il a également salué la décision d'al-Charaa de confier à des factions locales et à des dignitaires religieux druzes la responsabilité du maintien de la sécurité à Suwayda.
Dans une allocution enregistrée tôt jeudi, Al-Charaa a décrit cette décision comme une réponse à « la grave menace qui pèse sur notre unité nationale » et comme une mesure visant à empêcher la Syrie de sombrer dans une nouvelle guerre civile.
Bin Salman a souligné les efforts d'al-Charaa pour « maintenir la Syrie sur la bonne voie, sauvegarder son intégrité territoriale et nourrir l'unité nationale entre toutes les composantes de la société syrienne ». Il a appelé à la poursuite des progrès à tous les niveaux pour parvenir au développement et à la prospérité auxquels les Syriens aspirent.
Il a réitéré le soutien ferme de l'Arabie saoudite à la souveraineté et à la stabilité sociale de la Syrie et a condamné les frappes israéliennes, qui constituent des violations flagrantes du territoire et de la souveraineté de la Syrie.
Bin Salman a également souligné la nécessité d'un plus grand soutien mondial au gouvernement syrien et a exhorté la communauté internationale à s'opposer à toute forme d'ingérence étrangère en Syrie, quelle qu'en soit la justification.
Au cours de cet échange, Al-Charaa a remercié l'Arabie saoudite pour son soutien constant, exprimant son appréciation des efforts du prince héritier pour promouvoir la sécurité et la stabilité en Syrie et dans l'ensemble de la région, rapporte l'agence SPA.
L'entretien intervient un jour après que les forces israéliennes ont lancé des frappes aériennes sur plus de 160 cibles dans quatre régions syriennes - Suwayda, Deraa, Damas et la campagne de Damas - tuant trois personnes et en blessant 34 dans la seule capitale.
Le 13 juin, des affrontements ont éclaté entre des tribus arabes bédouines et des groupes armés druzes locaux à Suwayda. La violence s'est intensifiée, conduisant à des attaques meurtrières de combattants druzes contre les forces de sécurité syriennes déployées dans la région. Des dizaines de soldats auraient été tués.
Un cessez-le-feu temporaire a été conclu entre les forces gouvernementales et les factions druzes locales, mais il s'est rapidement effondré. Des frappes aériennes israéliennes ont suivi, visant des positions militaires et des infrastructures syriennes.
Israël a invoqué la « protection des communautés druzes » pour justifier ses attaques en Syrie, en particulier dans le sud du pays.
Toutefois, la plupart des dirigeants druzes de Syrie ont publiquement rejeté toute ingérence étrangère et réaffirmé leur attachement à l'unité de l'État syrien.
Après la chute d'Al-Assad en décembre 2024, Israël a intensifié sa campagne aérienne en Syrie et a déclaré que la zone tampon entre les deux pays était caduque, au même titre que l'accord de désengagement de 1974.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj
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