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Allemagne : scandale de la Sparkasse, des expatriés affirment que les Turcs et les Arabes ont été délibérément ciblés

- « Environ 95 % des coffres-forts contiennent des biens appartenant à des personnes d'origine étrangère. Je pense que c'était intentionnel et que c'est pour cela qu'elle a été visée » - Unal Mete, victime de braquage

Ömer Faruk Madanoğlu  | 02.01.2026 - Mıse À Jour : 02.01.2026
Allemagne : scandale de la Sparkasse, des expatriés affirment que les Turcs et les Arabes ont été délibérément ciblés

Istanbul

AA / Istanbul / Omer Faruk Madanoglu

Environ 3 300 coffres-forts ont été cambriolés à la banque Sparkasse de Gelsenkirchen, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en Allemagne. Les victimes ont déclaré que la quasi-totalité des coffres appartenaient à des citoyens turcs et arabes, ce qui laisse supposer que les voleurs connaissaient les propriétaires des coffres avant de passer à l'acte.

Unal Mete, Cihat Erhan Bostancı, Gungor Kalin et Emre Yildirim, victimes du braquage, ont raconté les événements au correspondant de l'agence Anadolu.

Unal Mete a confié avoir eu du mal à y croire en apprenant la nouvelle : « Comment une banque publique allemande peut-elle être cambriolée aussi facilement ? Les coffres des clients ont été forcés, mais le coffre principal, celui de la banque, est resté intact. Les voleurs sont repartis sans problème. »

Mete a affirmé que la banque ne les avait pas contactés après le vol et qu'ils n'avaient reçu aucune information quant à une éventuelle indemnisation de leurs pertes.

Mete a déclaré soupçonner que le choix de l'agence Sparkasse de Gelsenkirchen pour le braquage était délibéré :

« Je ne pense pas que ce soit un hasard si cette agence a été choisie. Environ 95 % des coffres-forts contiennent des biens appartenant à des personnes d'origine étrangère. Je pense que cela était intentionnel et que c'est pourquoi elle a été ciblée. Il est juridiquement clair que les coffres-forts de cette agence sont principalement utilisés par des clients d'origine turque et arabe. Les registres clients font apparaître des noms turcs comme Omer Faruk et Unal Mete. Ces personnes se présentent à la banque avec une identité turque et louent des coffres. Par conséquent, je crois qu'il s'agit d'une opération délibérée, car le profil des clients de cette agence était connu. »

- Un seul Allemand figure sur la plateforme des victimes

Mete a souligné qu'on ignore le montant de l'argent contenu dans les coffres-forts de la banque, tout en précisant que les personnes qui louent des coffres y déposent des sommes importantes.

Mete a expliqué que les victimes se sont regroupées via une plateforme, ajoutant : « Il s’agit d’un groupe de milliers de victimes, dont une seule est allemande. Environ 95 % des autres sont turques et 5 % sont d’origine arabe. Ces personnes travaillent et épargnent pour assurer leur avenir. Elles transforment l’argent, en or et le déposent à la banque, car elles pensent qu’il n’y a pas d’endroit plus sûr qu’une banque. »

– « Le vol ne se limite pas seulement à une perte financière couverte par l'assurance. »

Faisant référence au fait que le gouvernement allemand et la banque tentent de présenter le vol comme une affaire criminelle ordinaire, Unal Mete a souligné que le système semble incapable de prendre en compte les griefs des victimes.

Mete, rappelant que la banque avait assuré les coffres-forts pour 10 000 € sans fournir d'autre garantie, a déclaré : « Nous payons une cotisation annuelle à la banque pour protéger nos objets de valeur. Ils ont manqué à leur obligation et nous n'avons qu'une assurance dérisoire. En tant que victimes, nous avons perdu bien plus que le montant de l'assurance. Nous sommes impuissants. Ni les médias allemands ni les agences de presse ne nous informent. »

Mete a ajouté que la banque prétendait ignorer le contenu des coffres et exigeait des factures. Il a soutenu qu'ils y avaient placé de l'or reçu en cadeau de mariage ou acheté au comptant, sans aucun document notarié à ce sujet.

— « Nous avons besoin d'un soutien juridique. »

Mete a conclu en déclarant que les autorités allemandes n'avaient pris aucune mesure pour répondre à leurs griefs :

« Nous souhaitons que la Türkiye nous apporte son aide. Par aide, j'entends que nous voulons exercer pleinement tous nos droits. Nous sommes des citoyens turcs expatriés et cet incident a brisé tous nos espoirs. Avant tout, nous demandons à notre pays, à nos dirigeants, de nous soutenir dans cette procédure judiciaire. »

« Cette situation nous laisse perplexes », a déclaré Cihat Erdem Bostanci, l'une des victimes. Travaillant dans le secteur de la construction, il a souligné que le vol avait été commis avec du matériel professionnel.

Cihat Erdem Bostanci a ajouté : « Cette situation nous laisse très perplexes. » Bostanci a affirmé que les voleurs avaient dû passer au moins deux heures à percer le mur de la banque, déclarant :

« J’estime qu’une perceuse d’environ 400 millimètres de diamètre a été utilisée. Comme on peut le voir sur les images, des trous ont été percés à deux endroits différents. Percer un seul trou prend au moins une heure. De plus, ces opérations nécessitent entre 200 et 400 litres d’eau. De l’électricité est également nécessaire. Je préfère ne même pas parler du bruit ; au moins 100 décibels sont générés. Ce niveau sonore est comparable à celui d’une discothèque. De plus, une grande quantité de poussière est produite. Ce que nous ne comprenons pas, c’est : avec une telle quantité de poussière, un tel bruit, une telle consommation d’eau et d’électricité, comment se fait-il que personne n’ait entendu, senti ou remarqué les vibrations ? Cette situation est pour nous une véritable énigme. »

Bostanci, expliquant que sa demande d'augmentation de son plafond d'assurance avait été refusée avant même qu'il ait pu déposer ses objets de valeur à la banque, a déclaré : « J'étais parmi les premiers arrivés sur les lieux lundi. L'explication de l'employé de la banque était assez surprenante. Il m'a dit : “On va évaluer ici si vous êtes considéré comme une victime ou non.” »

Bostanci a ajouté qu'il ne comprenait pas comment un tel bruit et une telle poussière pouvaient être passés inaperçus pendant les fêtes de Noël, concluant :

« Je ne comprends vraiment pas comment un incident de cette ampleur a pu passer inaperçu et ne pas être signalé en Allemagne pendant une fête aussi importante que Noël. Même si vous percez un trou avec une perceuse ordinaire le week-end, la police débarque chez vous. Ici, on utilise de gros engins de chantier, on fait un bruit infernal, mais personne n'entend rien et personne ne le signale à la police. »

« Négligence ou incident avéré »

Gungor Kalin, victime de la banque, s'est plainte de l'attitude des employés : « Ce n'est pas la banque qui a été cambriolée, ce sont les coffres-forts privés des clients. Il faut bien comprendre. Je refuse d'accepter l'affirmation de l'employé : "Nous sommes ravis que la banque n'ait pas été cambriolée." Il y a 3 330 coffres-forts à l'intérieur, dont environ 90 % appartiennent à des Turcs et à d'autres ressortissants étrangers. Je le prends comme une insulte personnelle. »

Kalin a souligné que le fait que l'alarme de la banque n'ait pas été déclenchée était inacceptable et que la connaissance de l'emplacement des coffres par les voleurs rendait l'incident encore plus suspect.

Gungor Kalin a rappelé la présence d'un commissariat de police à 200 mètres de la banque et a fourni les informations suivantes :

« Il y a un commissariat à environ 200 mètres de la banque. Si l'alarme s'était déclenchée, la police serait arrivée sur les lieux en deux minutes. Par conséquent, je pense que la banque a fait preuve de négligence, voire de complicité. Franchement, je crois que de très grandes organisations sont impliquées dans cet incident. Les médias allemands viennent nous interviewer. Nous regardons les informations ; pourtant, même pas la moitié de ce que nous disons n'est diffusée. La plupart des interventions sont coupées. De plus, le parking privé de la banque a servi à accéder aux lieux. Seuls les employés de la banque peuvent y entrer. La barrière s'ouvre avec une carte. Quelqu'un la scanne et entre. Alors, où ont-ils trouvé cette carte ? C'est une question très grave qui exige une réponse. »

« Les questions restent sans réponse, ce qui ne fait qu'accroître nos soupçons. »

Emre Yildirim, affirmant que sa famille et lui-même figurent parmi les victimes et qu'ils sont clients de cette banque depuis trois générations, a déclaré : « Cette banque n'est pas privée ; elle appartient à l'État et à la municipalité. Je tiens à le souligner. Aucune déclaration officielle n'a été faite. Ni le maire ni ses adjoints ne sont venus. C'est un véritable scandale. Il est inadmissible qu'un maire n'ait fait aucune déclaration publique alors que tant de coffres-forts ont été cambriolés. »

Yildirim a également indiqué qu'ils n'avaient trouvé aucune information concernant le vol sur les sites web officiels de l'État et de la municipalité, et a déploré le manque d'empressement des autorités à leur venir en aide.

Yildirim a déclaré s'être vu refuser une augmentation de son plafond d'assurance, ajoutant : « On m'a clairement affirmé : “Aucun voleur ne peut franchir cette porte, personne ne peut braquer cette banque.” Or, nous constatons que non seulement les portes, mais aussi le système de caméras doivent être modernisés. Le système d'alarme étant défaillant, aucune alarme ne s'est déclenchée. »

Yildirim a expliqué avoir appris qu'une alarme s'était déclenchée et que les pompiers étaient revenus sans même descendre de leur véhicule, soulignant qu'il s'agissait d'une défaillance très grave qui nécessitait des explications.

Yildirim a souligné que plusieurs personnes pourraient avoir été impliquées dans ce vol, concluant ainsi :

« À ce stade, je pense que non seulement les auteurs du vol, mais aussi certains employés de la banque et même des membres des forces de l’ordre pourraient être impliqués. En effet, les coffres-forts, installés là depuis des années, ont été ouverts comme s’ils avaient été posés à la main, en perçant le mur. Comment l’emplacement de cette pièce et des coffres-forts a-t-il été connu avec une telle précision ? Toutes ces questions restent sans réponse, ce qui ne fait qu’alimenter nos soupçons. »

*Traduit du turc par Ayse Bashoruz

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