Allemagne: procès polémique à huis-clos pour abus sur mineur du responsable d'une Association germano-israélienne
- Le tribunal a condamné Ebbing à 10 mois de prison avec sursis, clôturant ainsi l’affaire sans procès public
Nordrhein-Westfalen
AA / Cologne / Mesut Zeyrek
L’affaire impliquant Hartmut Ebbing, ancien député du Parti libéral-démocrate (FDP) et membre du conseil d’administration de l’Association germano-israélienne (DIG), jugé pour des faits présumés d’abus sexuels sur mineur, suscite une vive polémique en Allemagne.
Selon des informations relayées par la presse nationale allemande, Ebbing aurait adressé une lettre au tribunal afin de demander que la procédure ne soit pas médiatisée, une requête que la juridiction a acceptée.
D’après le journal Die Zeit, cette affaire dépasse le cadre d’un simple procès pénal et alimente un débat sur une possible influence de considérations politiques sur la justice en Allemagne.
Les faits remonteraient au 11 septembre 2021. Une enseignante du primaire, mère de huit enfants, identifiée comme Imke G., aurait rencontré Ebbing via un site de rencontres. Lors d’une visite au domicile de la femme, Ebbing aurait passé du temps avec les enfants avant qu’un incident impliquant un enfant de 7 ans ne survienne dans la salle de bain.
Selon le parquet, les faits d’abus sexuels se seraient produits à ce moment-là. La question de savoir si la mère, brièvement absente, a été témoin de la scène constitue un point central du dossier.
Des échanges versés au dossier évoqueraient une « fantaisie familiale », une formulation jugée inappropriée au regard de la gravité des faits, qualifiés clairement d’abus sexuels sur mineur.
Point particulièrement controversé, pendant la procédure, il a été souligné qu’Ebbing occupait également des fonctions au sein de la DIG. Une demande a alors été déposée auprès du tribunal afin d’éviter que l’affaire ne porte atteinte à l’institution, conduisant à la tenue d’un procès à huis clos.
Le tribunal a finalement condamné Ebbing à 10 mois de prison avec sursis, clôturant ainsi l’affaire sans audience publique.
Toujours selon Die Zeit, des juristes et responsables politiques de l’opposition estiment que renoncer à un procès public dans une affaire aussi grave, en raison de la position institutionnelle de l’accusé, porte atteinte aux principes de l’État de droit.
*Traduit du turc par Wafae El Baghouani
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