Agriculture, Ukraine, Iran : Emmanuel Macron défend la souveraineté française et affiche sa prudence diplomatique
- Depuis une exploitation agricole de Haute-Saône, le président fraçais a défendu une ligne fondée sur la souveraineté, en commençant par l’agriculture, qu’il juge confrontée à une période « difficile »
Istanbul
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
En déplacement ce mardi à Vallerois-le-Bois, en Haute-Saône, Emmanuel Macron a longuement évoqué la situation du monde agricole en France, qu’il a reconnu traverser « une période difficile ».
Aux côtés de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, le président français a tenu tout d’abord à marquer son soutien aux exploitants, saluant notamment la mobilisation face à la dermatose nodulaire contagieuse, dont aucun nouveau cas n’a été recensé depuis début janvier.
Emmanuel Macron a réaffirmé les grandes orientations de sa politique agricole, structurée autour de trois axes : produire, préserver et protéger. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la production agricole en France et en Europe, en simplifiant les règles et en défendant la souveraineté alimentaire, notamment à travers la politique agricole commune (PAC).
Emmanuel Macron a également souligné l’importance de la préservation des ressources, eau, sols et biodiversité qu’il juge indispensable à l’installation des générations futures, tout en appelant à des règles environnementales identiques pour l’ensemble des pays européens. Enfin, il a plaidé pour une protection accrue de l’agriculture européenne, rappelant que les normes imposées aux producteurs doivent s’appliquer aussi aux produits importés, justifiant ainsi l’opposition de la France à l’accord UE-Mercosur. « La protection, ce n'est pas du protectionnisme », clame le locataire de l’Élysée.
Interrogé sur l’absence de bovins au prochain Salon de l’agriculture en raison du contexte sanitaire, Emmanuel Macron a indiqué ne pas vouloir « se substituer aux organisateurs », tout en estimant que « les conditions sont bien plus réunies qu’au moment où cette décision a été annoncée ». Il a dit les avoir invités à examiner d’éventuelles « flexibilités possibles ».
Sur le plan budgétaire, le président français s’est félicité de l’adoption du budget de l’État pour 2026, saluant « le fruit d’un gros travail de compromis ». « C’est une bonne chose pour le pays », a-t-il déclaré, affirmant souhaiter que le Premier ministre et son gouvernement poursuivent leur mission.
En matière internationale, Emmanuel Macron s’est montré peu optimiste quant à la perspective d’un accord de paix rapide en Ukraine. « Je pense que ça serait utile, mais je ne pense pas qu’il y ait de disponibilité de la Russie à conclure une paix dans les prochains jours ou les prochaines semaines », a-t-il estimé, tout en réaffirmant le soutien de la France à Kiev.
Concernant l’Iran, le président a appelé le régime à « respecter son peuple » et à engager les discussions « qui sont attendues » sur les dossiers nucléaire, balistique et régional. Interrogé sur la diffusion d’une photo par une agence proche des Gardiens de la Révolution montrant une base militaire abritant des soldats français, Emmanuel Macron a assuré que la France restait « très vigilante » et que « toutes les dispositions » avaient été prises pour garantir la sécurité des forces déployées dans la région.
