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Affaire Casino : l’ex-PDG Jean-Charles Naouri et le groupe condamnés pour corruption et abus de marché

- Le tribunal correctionnel de Paris a infligé des peines de prison et jusqu’à 40 millions d’euros d’amende dans un dossier issu de signalements de l’Autorité des marchés financiers sur des faits remontant à 2018

Serap Doğansoy  | 30.01.2026 - Mıse À Jour : 30.01.2026
Affaire Casino : l’ex-PDG Jean-Charles Naouri et le groupe condamnés pour corruption et abus de marché

Istanbul

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, le 29 janvier 2026, cinq personnes physiques et cinq personnes morales pour des faits de corruption privée, de délit d’initié et de diffusion d’informations fausses ou trompeuses liés au groupe Casino et à sa maison mère Rallye. Les faits remontent à 2018.

L’ancien PDG du groupe, Jean-Charles Naouri, a été condamné à quatre ans d’emprisonnement, dont un an ferme aménagé sous bracelet électronique, ainsi qu’à une amende d’un million d’euros. Il a annoncé son intention de faire appel. La société Casino, désormais contrôlée par l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, a écopé d’une amende de 40 millions d’euros, dont 20 millions avec sursis.

Le patron de presse Nicolas Miguet a, de son côté, été condamné à quatre ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis, assortis d’un mandat de dépôt différé, ainsi qu’à 800 000 euros d’amende. Trois anciens cadres du groupe Casino ont également été condamnés à des peines allant jusqu’à trois ans d’emprisonnement avec sursis et à des amendes comprises entre 250 000 et 500 000 euros.

Selon le tribunal, Jean-Charles Naouri avait conclu en septembre 2018 une convention rémunérée avec Nicolas Miguet, présentée comme un contrat de conseil, afin de soutenir le cours de l’action Casino par des publications boursières favorables, alors que le titre chutait. Les magistrats ont également retenu des faits de délit d’initié liés à la transmission d’une information privilégiée sur l’accélération du programme de cessions d’actifs du groupe.

Les juges ont en revanche relaxé les prévenus du chef de manipulation de cours par procédés fictifs, estimant que le lien de causalité avec l’évolution du cours du titre n’avait pas été démontré.

Ce jugement fait suite à plusieurs signalements transmis à partir de 2020 par l’Autorité des marchés financiers (AMF) au Parquet national financier (PNF), à l’issue d’une enquête ouverte en octobre 2018 sur l’information financière et le marché des titres Casino et Rallye. Compte tenu de la gravité des faits, les poursuites avaient été exercées par le PNF.

L’AMF, qui s’est constituée partie civile, a vu son préjudice moral reconnu par le tribunal. Plusieurs actionnaires parties civiles ont également obtenu réparation de leurs préjudices matériel et moral.

La décision du Tribunal correctionnel de Paris est susceptible d’appel.​​​​​​​

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