Accord UE-Mercosur : le Paraguay ratifie à son tour, vers une mise en œuvre accélérée
- Dernier pays du bloc sud-américain à valider le traité, Asunción permet la création d’une vaste zone de libre-échange, malgré des contestations en Europe
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Le Paraguay a ratifié mardi l’accord commercial entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur, devenant le dernier pays du bloc sud-américain à valider ce traité, après le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay.
Cette ratification par le Parlement paraguayen marque une étape décisive pour la mise en œuvre de cet accord de libre-échange, qui vise à faciliter les échanges commerciaux en réduisant ou supprimant les droits de douane (taxes sur les importations) entre les deux régions.
L’accord prévoit la création d’un vaste marché regroupant près de 700 millions de consommateurs et représentant environ 30 % du produit intérieur brut (PIB, richesse totale produite) mondial, renforçant son poids économique à l’échelle internationale.
Selon des responsables paraguayens, environ 93 % des exportations du Mercosur pourraient entrer sur le marché européen sans droits de douane. Le traité doit notamment favoriser les exportations européennes de véhicules, machines ou produits viticoles, tout en facilitant l’entrée de produits agricoles sud-américains tels que la viande, le sucre ou le soja.
Malgré cette avancée, le texte suscite des critiques en Europe, notamment de la part de certains acteurs agricoles qui redoutent une concurrence accrue de produits importés jugés moins coûteux et soumis à des normes différentes.
Sur le plan institutionnel, des eurodéputés ont saisi la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), juridiction chargée de veiller au respect du droit européen, afin de contester la conformité de l’accord avec les traités de l’UE.
Malgré ces recours, la Commission européenne, organe exécutif de l’Union, a décidé d’accélérer le calendrier. Sa présidente, Ursula von der Leyen, a annoncé fin février une application provisoire de l’accord à partir du 27 février.
Ce choix illustre la volonté de Bruxelles de sécuriser rapidement ce partenariat économique dans un contexte international marqué par des tensions commerciales et géopolitiques.
