« Zéro déchet » : le modèle turc face aux systèmes de recyclage européens
À l’occasion de la Journée internationale du "zéro déchet", célébrée le 30 mars, la Türkiye met en avant son modèle de gestion des déchets, tandis que les pays européens poursuivent le renforcement de leurs systèmes de recyclage
Istanbul
AA / Istanbul / Wafae El Baghouani
La gestion des déchets constitue un défi majeur à l’échelle mondiale. Chaque année, entre 2,1 et 2,3 milliards de tonnes de déchets municipaux sont générées, accentuant les pressions environnementales et économiques .
Dans ce contexte, la réduction du gaspillage alimentaire s’impose comme une priorité. Près de 1 milliard de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année, dont environ 60 % au niveau des ménages .
Une stratégie nationale qui monte en puissance en Türkiye
Lancé en 2017, le projet "zéro déchet" en Türkiye repose sur une approche coordonnée à l’échelle nationale, visant à réduire les déchets à la source et à renforcer leur valorisation.
Selon des données officielles, plus de 90 millions de tonnes de déchets ont été récupérées depuis le lancement du programme, générant une contribution économique estimée à 365 milliards de livres turques .
Le taux de recyclage, qui s’élevait à 13 % en 2017, a atteint plus de 37 % en 2025, avec plus de 217 000 bâtiments et installations intégrés au système .
Le programme a également permis d’importants gains environnementaux, notamment la préservation de 613 millions d’arbres, l’économie de 2 000 milliards de litres d’eau et la réduction de 180 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre .
Ankara vise désormais un taux de recyclage de 60 % d’ici 2035 et de 70 % à l’horizon 2053, dans le cadre de ses objectifs climatiques à long terme .
Des systèmes européens avancés mais confrontés à des défis
En Europe, les politiques de gestion des déchets s’inscrivent dans une approche plus décentralisée, combinant cadres réglementaires communs et initiatives locales.
Malgré des systèmes avancés, environ 74 % des déchets alimentaires finissent encore en décharge ou en incinération, illustrant les défis persistants .
Les déchets organiques constituent en outre une source importante d’émissions de méthane, un gaz à effet de serre particulièrement puissant.
Certaines initiatives locales, notamment dans les Balkans, reposent sur des systèmes de compostage décentralisés permettant de réduire les émissions tout en valorisant les ressources.
Deux modèles complémentaires
La Türkiye privilégie une stratégie centralisée, appuyée par des politiques publiques coordonnées et des campagnes nationales, favorisant une montée en puissance rapide du système.
À l’inverse, les pays européens s’appuient sur des modèles plus anciens et technologiquement avancés, mais souvent fragmentés à l’échelle locale.
« Les déchets organiques représentent l’une des plus grandes opportunités pour réduire les émissions », souligne une experte du réseau Zero Waste Europe .
L’économie circulaire comme levier stratégique
Au-delà de l’enjeu environnemental, la gestion des déchets représente un secteur économique en expansion.
Le développement de l’économie circulaire contribue à la création d’emplois, à la réduction des coûts liés à la gestion des ressources et à l’émergence de nouvelles filières industrielles.
Dans ce contexte, la valorisation des déchets apparaît comme un levier stratégique pour renforcer la compétitivité économique tout en répondant aux défis environnementaux.
Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
