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« Ne m’abandonne pas » : Chris Niamke signe un court métrage poignant sur la solitude des personnes âgées

- « Dans mon éducation africaine, (...) les parents s'occupent de l'enfant et puis après, quand les parents vieillissent, nous, les enfants, on reprend ce flambeau-là et en France aussi, on avait ça », explique le comédien

Ben Amed Azize Zougmore  | 20.01.2026 - Mıse À Jour : 20.01.2026
« Ne m’abandonne pas » : Chris Niamke signe un court métrage poignant sur la solitude des personnes âgées

Istanbul

AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore

Avec « Ne m’abandonne pas », le comédien et auteur français d'origine africaine Chris Niamke livre un court métrage bouleversant qui interroge frontalement la place accordée aux personnes âgées dans nos sociétés contemporaines. À travers une histoire intime et douloureuse, le film met en lumière l’isolement en EHPAD, la rupture entre générations et la difficulté de préserver sa dignité lorsque la dépendance s’installe.

Le récit suit Marcel, un homme âgé, seul, dans l’attente d’une place en maison de retraite où il espère pouvoir rejoindre son épouse (décédée). Une attente interminable, marquée par l’absence de visites, la fatigue de ses proches et le sentiment de devenir un fardeau. « Les personnes âgées dépendantes meurent plus vite parce qu’elles ne sont pas visitées », confie Chris Niamke, dont le film s’inspire de situations bien réelles.

L’une des scènes les plus marquantes montre Marcel s’éteignant en écoutant un message vocal de son fils et de sa petite-fille, lui promettant une visite prochaine. « Il meurt en écoutant l’espoir », résume le réalisateur. Une scène tragique qui résonne avec le vécu de nombreuses familles, souvent prises entre attachement, culpabilité et manque de temps.

À travers ce film, Chris Niamke interroge aussi son héritage culturel africain, où la solidarité intergénérationnelle occupe une place centrale. « Et c'est vrai que dans mon éducation africaine, on est habitué où les parents s'occupent de l'enfant et puis après, quand les parents vieillissent, nous, les enfants, on reprend ce flambeau-là et en France aussi, on avait ça », rappelle-t-il. La question qu’il pose est simple et dérangeante : avons-nous encore une place pour nos anciens ?

Le court métrage donne également une visibilité rare au travail des auxiliaires de vie, un métier essentiel mais peu reconnu. Chris Niamke a écrit son scénario en collaboration avec des professionnels du secteur. Il évoque leur rôle central auprès des personnes âgées, mais aussi leurs conditions de travail éprouvantes : une humanité « chronométrée », parfois source de souffrance, tant pour les patients que pour les soignants.

Depuis sa diffusion, « Ne m’abandonne pas » a suscité une forte émotion. Le réalisateur dit avoir reçu des milliers de témoignages : enfants et parents réconciliés, familles retournant voir un proche après des années de distance, spectateurs bouleversés. « Des gens m’ont écrit qu’ils avaient réussi à pardonner grâce au film », raconte-t-il.

Au-delà de l’émotion, Chris Niamke appelle à une réflexion collective. Il évoque notamment l’idée de rapprocher les générations, par exemple en intégrant des visites en EHPAD dans les parcours scolaires, afin de créer des échanges de savoirs, de cultures et d’humanité.

Plus qu’un court métrage, « Ne m’abandonne pas », s’impose comme un cri d’alerte et un appel à la responsabilité collective, sur un sujet souvent relégué au silence mais essentiel à l’équilibre de la société.


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