Macron appelle à la désescalade au Moyen-Orient et à la reprise du dialogue entre Israël et le Liban
- Lors d’un échange avec Isaac Herzog, le président français insiste sur la protection des civils et la sécurité régionale
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Le président français Emmanuel Macron a appelé ce mardi à la désescalade au Moyen-Orient et à une reprise du dialogue entre Israël et le Liban, à l’issue d’un entretien avec son homologue israélien Isaac Herzog, dans un contexte de tensions régionales croissantes.
Dans un message publié sur le réseau social américain X, Emmanuel Macron a affirmé avoir assuré le président israélien de « la pleine solidarité de la France avec le peuple israélien face aux attaques quotidiennes de l’Iran et du Hezbollah », appelant à leur cessation « immédiate ».
Le chef de l’État a également insisté sur « la nécessité absolue » de préserver les infrastructures civiles et énergétiques, installations indispensables au fonctionnement des sociétés, comme les réseaux d’électricité, de santé ou d’approvisionnement, et de s’engager dans « une reprise sincère du dialogue ».
Emmanuel Macron a par ailleurs appelé l’Iran à rétablir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part significative du commerce mondial d’hydrocarbures.
Concernant le Liban, le président français a mis en garde contre « une nouvelle escalade », soulignant que « la stabilité et l’intégrité territoriale » du pays, c’est-à-dire le respect de ses frontières et de sa souveraineté, devaient être préservées. Il a estimé que le Hezbollah avait commis « une faute majeure » en attaquant Israël, tout en affirmant que la priorité de la France restait la désescalade et le soutien aux autorités libanaises.
Il a également évoqué la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), mission de maintien de la paix déployée pour surveiller la cessation des hostilités entre Israël et le Hezbollah, en appelant à garantir sa sécurité.
Le président français a enfin jugé que la reprise de discussions directes entre Israël et le Liban constituait « une opportunité » à saisir, la France se disant prête à faciliter ce processus.
Emmanuel Macron a par ailleurs évoqué la situation à Gaza, qualifiée de « catastrophique » sur le plan humanitaire, ainsi qu’en Cisjordanie, appelant à mettre fin aux violences israéliennes visant des civils palestiniens.
Selon les Nations unies (ONU), plus d’un million de personnes ont été déplacées au Liban, dont environ 367.000 enfants, à la suite de l’intensification des frappes israéliennes. L’organisation a également fait état de frappes ayant touché des zones résidentielles à Beyrouth ainsi que des infrastructures de santé, dont trois hôpitaux publics endommagés.
La FINUL a signalé une dégradation marquée de la situation sécuritaire, évoquant des échanges de tirs intensifs et une intensification des opérations militaires. L’ONU appelle l’ensemble des parties à éviter une escalade et à respecter la résolution 1701 du Conseil de sécurité, adoptée en 2006 pour mettre fin aux hostilités entre Israël et le Hezbollah.
Selon les autorités libanaises, les violences ont fait au moins 912 morts et plus de 2.200 blessés.
Cette escalade intervient dans un contexte régional élargi, marqué par des frappes menées depuis le 28 février par les États-Unis et Israël contre l’Iran, auxquelles Téhéran a répondu par des attaques de drones et de missiles visant Israël et plusieurs pays de la région.
