Le chef de la sécurité iranienne avertit d’une riposte ferme alors que les troubles se poursuivent
- Les autorités font état d’arrestations pour violences armées, tandis qu’une organisation de défense des droits humains avance un bilan de 65 morts
Istanbul
AA/Istanbul/Tarek Chouiref
Le plus haut responsable iranien de la sécurité a averti samedi d’une riposte ferme face à ce qu’il a qualifié de violences armées liées à l’étranger, alors que des manifestations déclenchées par les difficultés économiques se poursuivent pour une troisième semaine consécutive à travers le pays.
Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien, a déclaré que les forces de sécurité et le pouvoir judiciaire étaient prêts à affronter les individus impliqués dans des attaques organisées et des troubles armés « de la manière la plus ferme », tout en appelant à la prudence afin d’éviter toute atteinte aux civils.
S’exprimant lors d’un entretien télévisé diffusé par la chaîne publique iranienne Press TV, Larijani a estimé que des actes tels que le pillage, les incendies criminels et les attaques contre des installations publiques et sécuritaires ne pouvaient être expliqués par de simples revendications économiques.
« Quelqu’un qui a des problèmes économiques ne brûle pas des commerces et n’attaque pas des institutions au service du public », a-t-il déclaré, accusant les États-Unis et Israël de chercher à exploiter les troubles pour déstabiliser l’Iran.
Ali Larijani a affirmé que les services de sécurité avaient identifié ce qu’il a décrit comme les meneurs des troubles, précisant que certains avaient déjà été arrêtés et que d’autres faisaient face à une arrestation imminente.
Il a ajouté que les autorités avaient saisi des armes à feu, notamment des fusils d’assaut et des pistolets, éléments qui, selon lui, témoignent d’une planification et d’une coordination préalables.
Dans un communiqué distinct, l’Organisation du renseignement des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) a indiqué que les adversaires de l’Iran étaient passés de la pression militaire directe à des tentatives visant à semer le chaos interne, promettant de faire face à toute action menaçant l’ordre public et la sécurité nationale.
Le communiqué affirme que les récents troubles ont inclus des attaques contre des installations sécuritaires ainsi que la mort de civils et de membres des forces de l’ordre, avertissant que les responsables de la planification et de la direction des violences seraient tenus pour responsables.
Il reconnaît la légitimité des revendications pacifiques en matière de responsabilité, tout en rejetant ce qu’il qualifie de sabotage armé.
Des médias iraniens, dont l’agence semi-officielle Tasnim News Agency, ont fait état de l’arrestation d’environ 100 personnes dans la zone de Baharestan, dans la province de Téhéran, citant des responsables locaux selon lesquels certains détenus sont accusés d’avoir utilisé des armes à feu et des armes blanches contre des civils et des forces de sécurité.
Des organisations de défense des droits humains avancent toutefois un bilan plus lourd. L’agence américaine Iran Human Rights Activists News Agency (HRANA) affirme qu’au moins 65 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations à la fin du mois dernier, parmi lesquelles des manifestants et des membres des forces de sécurité.
L’organisation fait également état de plus de 2 300 arrestations et de dizaines de blessés lors de rassemblements organisés dans des centaines de localités à l’échelle nationale.
L’Iran connaît des vagues de protestation depuis la fin du mois de décembre, principalement en raison de la forte dépréciation du rial iranien et de la détérioration des conditions économiques.
Les manifestations ont débuté le 28 décembre aux abords du Grand Bazar de Téhéran avant de s’étendre à plusieurs villes du pays.
*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir
