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L’Espagne annonce une aide humanitaire à Cuba via l’ONU sur fond de crise énergétique aiguë

- Madrid fournira des denrées alimentaires et des produits sanitaires de première nécessité alors que l’ONU alerte sur l’aggravation de la situation socio-économique et les effets des sanctions américaines sur l’île

Serap Doğansoy  | 17.02.2026 - Mıse À Jour : 17.02.2026
 L’Espagne annonce une aide humanitaire à Cuba via l’ONU sur fond de crise énergétique aiguë

Istanbul

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

L’Espagne a annoncé lundi 16 février la fourniture prochaine d’une aide humanitaire à Cuba par l’intermédiaire du système des Nations unies, alors que l’île traverse une crise énergétique et économique majeure, aggravée par le durcissement des sanctions américaines.

« L’Espagne fournira une aide humanitaire à Cuba par l’intermédiaire du système des Nations unies sous forme de denrées alimentaires et de produits sanitaires de première nécessité », a indiqué le ministère espagnol des Affaires étrangères, sans préciser ni le montant ni le calendrier de cette assistance.

L’annonce est intervenue à l’issue d’une réunion tenue à Madrid entre le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, et son homologue cubain, Bruno Rodríguez. Les deux responsables ont notamment évoqué « la situation actuelle à Cuba après le durcissement de l’embargo américain », selon le ministère.

Cuba fait face à d’importantes pénuries de carburant, à des coupures d’électricité répétées et à des manques de produits alimentaires et de médicaments. Depuis lundi, les autorités cubaines appliquent un ensemble de mesures d’urgence restreignant la vente de carburant et réduisant les transports publics.

La crise énergétique s’est accentuée avec la fin des livraisons de pétrole en provenance du Venezuela, à la suite de la chute du président Nicolás Maduro, et dans un contexte de pressions accrues de Washington sur les pays exportant du pétrole vers l’île.

Vendredi 13 février, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme s’est dit « extrêmement inquiet » de l’aggravation de la situation socio-économique à Cuba. Sa porte-parole, Marta Hurtado, a indiqué à Genève que les sanctions sectorielles unilatérales avaient des « répercussions importantes et indiscriminées » sur la population.

Selon le Bureau des droits de l’homme de l’ONU, la pénurie de pétrole met en péril le fonctionnement des services essentiels, notamment les unités de soins intensifs, la chaîne du froid pour les vaccins et les médicaments sensibles à la température, ainsi que l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, fortement dépendants de l’électricité.

Le Haut-Commissariat a rappelé que « des objectifs politiques ne sauraient justifier » des mesures ayant pour effet de porter atteinte aux droits humains, et a appelé à la levée des sanctions sectorielles unilatérales. Il a également exhorté les autorités cubaines à garantir le respect des libertés fondamentales en cas de tensions sociales.

De son côté, le président américain Donald Trump a estimé lundi que Cuba était une « nation en faillite », tout en excluant la nécessité d’une intervention visant à renverser le gouvernement cubain. Il a reconnu que les pénuries de carburant constituaient une « menace humanitaire », dans un contexte d’intensification de l’embargo américain en vigueur depuis des décennies.

Peuplée d’environ 9,6 millions d’habitants, l’île des Caraïbes traverse l’une des plus graves crises socio-économiques de son histoire récente, marquée par une vulnérabilité accrue depuis l’arrêt des approvisionnements pétroliers en provenance du Venezuela.

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