Jeux vidéo : Macron lance une étude scientifique et n’exclut pas des interdictions pour les jeunes
- Dans un entretien accordé au média Brut, le président a expliqué avoir confié une mission au Conseil national du numérique et de l’IA afin "d'essayer de mesurer scientifiquement l'effet" des jeux vidéo "sur les enfants et les ados"
Istanbul
AA / Istanbul / Sanaa Amir
Emmanuel Macron a annoncé jeudi avoir demandé à des experts d’évaluer les risques des jeux vidéo et des "agents d'intelligence artificielle" sur la santé mentale des enfants et des adolescents. Le chef de l’État n’exclut pas des interdictions si les conclusions scientifiques le justifient.
Dans un entretien accordé au média Brut, le président a expliqué avoir confié une mission au Conseil national du numérique et de l’IA afin "d'essayer de mesurer scientifiquement l'effet" des jeux vidéo "sur les enfants et les ados". Ces travaux doivent durer "deux mois", avec des conclusions attendues "en mai-juin".
Emmanuel Macron a estimé que si un "consensus scientifique" établit que l’impact de certains jeux vidéo "est très mauvais", alors "peut-être qu'il faudra interdire, il ne faut rien exclure" pour "protéger nos enfants et nos ados".
Le président a notamment pointé les jeux violents, soulignant que passer "cinq ou six heures par jour à tuer des gens" dans une "logique-là de prédation" peut "conditionne[r] des jeunes", les "désinhiber complètement" et parfois "leur faire commettre le pire".
Une autre mission a été confiée aux professeurs Raphaël Gaillard et Amine Benyamina pour analyser le fonctionnement des "agents IA" ou "chatbox", et déterminer s’ils "font naître des troubles, des dépendances, de la souffrance en termes de santé mentale chez les jeunes et les adolescents".
Là encore, Emmanuel Macron évoque la possibilité d’encadrer strictement ces outils, avec des "règles" pouvant aller jusqu’à des interdictions.
Selon lui, ces agents IA "miment" le "comportement humain" et "l'empathie", "vous parlent comme à un ami", ce qui "peut conduire à des dérives" et renforcer "l'isolement" de certains jeunes. Il a évoqué des situations "dans des cas particuliers extrêmement graves", tout en rappelant qu’"aujourd'hui, ce n'est pas du tout régulé".
Enfin, Emmanuel Macron souhaite renforcer la transparence. Il a annoncé vouloir "imposer le marquage IA" pour que tout contenu généré par l’intelligence artificielle comporte la mention "+fait avec l'IA+".
S’appuyant sur le cadre européen, le président a assuré disposer des outils juridiques nécessaires : "On a des textes européens qui nous permettent de le faire".
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