Monde

Birmanie : un nouveau Parlement dominé par les militaires se réunit pour la première fois depuis le coup d’État

- Élu lors d’un scrutin largement remporté par un parti pro-armée, le Parlement s’installe cinq ans après le putsch de 2021 qui avait renversé le gouvernement d’Aung San Suu Kyi

Serap Doğansoy  | 16.03.2026 - Mıse À Jour : 16.03.2026
 Birmanie : un nouveau Parlement dominé par les militaires se réunit pour la première fois depuis le coup d’État

Istanbul

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

Le Parlement birman s’est réuni lundi pour la première fois depuis le coup d’État militaire de 2021, avec une large majorité de députés favorables à l’armée à la suite d’élections législatives organisées récemment par les autorités militaires.

La chambre basse du Parlement a ouvert la session en élisant Nanda Kyaw Swar, membre du Parti de l’union, de la solidarité et du développement (PUSD), formation politique proche de l’armée, à la présidence de l’assemblée.

Les membres de la chambre haute doivent élire leur président dans deux jours.

Le PUSD a largement remporté les élections législatives organisées en plusieurs phases en décembre et janvier. Ce parti, fondé par un ancien général et comprenant de nombreux officiers à la retraite, a obtenu plus de 80% des sièges en jeu.

La composition du Parlement devrait également refléter le poids institutionnel de l’armée. En vertu de la Constitution birmane rédigée sous un régime militaire, les forces armées disposent automatiquement d’un quart des sièges dans chacune des deux chambres.

Des élections contestées

Le scrutin organisé par les autorités militaires a été marqué par une répression des voix dissidentes et par la participation majoritaire de partis favorables à l’armée, selon plusieurs observateurs internationaux et gouvernements étrangers qui ont critiqué le processus électoral.

Les précédentes élections législatives, organisées en 2020, avaient été largement remportées par la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti dirigé par Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix.

Les militaires avaient toutefois annulé ces résultats en février 2021, arrêté Aung San Suu Kyi et dissous son parti, déclenchant un coup d’État qui a mis fin à une décennie d’ouverture politique.

Un pays plongé dans la guerre civile

Le putsch militaire a provoqué un vaste mouvement de contestation et plongé le pays dans un conflit interne. Des militants pro-démocratie ont pris les armes aux côtés de groupes armés issus de minorités ethniques qui combattent depuis longtemps le pouvoir central.

Les analystes estiment que les militaires ont renversé le gouvernement civil en raison de leur inquiétude face à l’influence politique croissante du mouvement populaire dirigé par Aung San Suu Kyi.

Une histoire dominée par l’armée

Depuis son indépendance en 1948, la Birmanie, officiellement appelée Myanmar, a été gouvernée la majeure partie du temps par des régimes militaires.

Le pays avait connu une période de transition politique entre 2011 et 2021, marquée par des réformes démocratique, avant le retour au pouvoir direct de l’armée à la suite du coup d’État.



Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.