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« Aujourd'hui, malheureusement, les États-Unis sont notre ennemi », déclare un ancien commissaire européen

- Joaquin Almunia se dit également « inquiet » du silence de Bruxelles face à la stratégie de Washington

Alyssa Mcmurtry  | 01.01.2026 - Mıse À Jour : 01.01.2026
« Aujourd'hui, malheureusement, les États-Unis sont notre ennemi », déclare un ancien commissaire européen

Spain

AA / Oviedo / Alyssa McMurtry

Les États-Unis sont passés d’un allié clé de l’Europe à un adversaire hostile, a déclaré l’ancien commissaire européen Joaquín Almunia dans une interview accordée aux médias espagnols, publiée jeudi.

« L’Europe avait autrefois un allié, mais aujourd’hui, malheureusement, les États-Unis sont notre ennemi », a affirmé Almunia, ancien vice-président de la Commission européenne. « Les États-Unis sont passés d’une position pro-européenne à une posture anti-UE – et cela devrait inquiéter non seulement les Européens, mais aussi les Américains. »

S’exprimant sur la radio espagnole Cadena Ser, il a précisé que la menace provient du président américain Donald Trump et non du peuple américain dans son ensemble. Toutefois, il a averti que ce basculement représente un danger pour les démocraties libérales dans le monde entier.

« Trump considère l’UE comme son principal adversaire et compte Vladimir Poutine parmi ses amis », a ajouté Almunia. « Lorsque le document stratégique de sécurité des États-Unis soutient ouvertement les partis populistes d’extrême droite, que Trump qualifie de “partis patriotiques”, cela m’inquiète réellement. »

Almunia a salué le Premier ministre portugais Antonio Costa pour avoir critiqué la nouvelle Stratégie nationale de sécurité de Washington, qui affirme que l’Europe fait face à une “érosion civilisationnelle” en raison de l’immigration et de la sur-réglementation.

« Les alliés ne menacent pas d’interférer dans les choix démocratiques des uns et des autres », avait déclaré Costa le mois dernier.

Cependant, Almunia s’est dit « très préoccupé » par le silence d’autres dirigeants européens sur le sujet, y compris Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.

Il a également critiqué la réponse de l’UE face au génocide israélien à Gaza, estimant qu’elle manque de cohérence et d’urgence.

« Si nous sommes témoins de violations fondamentales des droits humains, nous devons agir de manière décisive », a-t-il affirmé. « En tant qu’Européens, nous devons réagir lorsque de tels principes sont bafoués – et non détourner le regard ou trouver des excuses. »

*traduit de l'anglais par Wafae El Baghouani

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