Assurance chômage : déficit de 2,1 milliards d’euros attendu en 2026, l’Unédic met en cause les prélèvements de l’État
- L’organisme paritaire prévoit un retour aux excédents dès 2027, à condition qu’aucune nouvelle ponction ne soit opérée sur ses recettes, dans un contexte de croissance limitée et d’emploi atone
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Le régime d’assurance chômage devrait afficher un déficit de 2,1 milliards d’euros en 2026, selon les dernières prévisions financières publiées ce mardi par l’Unédic, organisme paritaire chargé de la gestion du dispositif. Ces projections reposent sur une hypothèse de croissance de 1% et sur des créations nettes d’emplois nulles.
À partir de 2027, l’Unédic anticipe toutefois un retour aux excédents, estimés à 2,8 milliards d’euros en 2027 puis 4,8 milliards en 2028. En l’absence de nouveaux prélèvements de l’État, ces excédents permettraient au régime de reprendre sa « trajectoire de désendettement », précise l’organisme dans un communiqué.
En 2026, l’Unédic fait face à un prélèvement de 4,1 milliards d’euros opéré par l’État sur ses recettes. Sans cette ponction, le solde aurait été excédentaire de 2 milliards d’euros, selon les calculs présentés. La situation financière est également affectée par le démarrage du remboursement de la dette contractée pendant la crise sanitaire liée au Covid-19.
Dans un contexte qualifié de « perspectives économiques assombries », l’Unédic estime que les prélèvements de l’État « dégradent mécaniquement sa situation financière » et relève que le processus de désendettement est à l’arrêt depuis 2023. La présidente de l’organisme, Patricia Ferrand, a jugé « majeur » que ces prélèvements cessent.
Malgré la dégradation du marché du travail, le nombre de demandeurs d’emploi indemnisés resterait stable, sous l’effet des réformes de l’assurance chômage mises en œuvre depuis 2021. L’Unédic prévoit environ 2,6 millions de chômeurs indemnisés en 2026 et 2027, puis 2,5 millions en 2028.
Les projections publiées ne tiennent pas compte de l’accord conclu récemment entre organisations patronales et syndicales sur un durcissement des règles d’indemnisation des salariés ayant bénéficié d’une rupture conventionnelle, c’est-à-dire une séparation amiable entre un salarié et son employeur ouvrant droit à une indemnisation chômage.
Cet accord, qui doit encore être signé formellement puis examiné par le Parlement, prévoit une réduction de la durée d’indemnisation dans ces situations. Il permettrait, selon les estimations, d’économiser 20 millions d’euros la première année d’application – probablement en 2027 –, 270 millions la deuxième, 760 millions la troisième et 940 millions d’euros par an à terme.
L’assurance chômage a déjà fait l’objet de plusieurs réformes depuis 2017, visant notamment à ajuster les conditions d’ouverture des droits et la durée d’indemnisation, dans un objectif de maîtrise des dépenses et de réduction de l’endettement du régime.
