Île-de-France : Lady’s, une nouvelle application de VTC réservée aux femmes se lance sur un marché en quête de sécurité
- La start-up française démarre avec 50 conductrices et jusqu’à 500 utilisatrices, dans un contexte marqué par des initiatives similaires d’Uber et Bolt et des préoccupations persistantes autour de la sûreté des passagères
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Une nouvelle application française de voitures de transport avec chauffeur (VTC), baptisée Lady’s, sera lancée lundi 23 février en Île-de-France avec un positionnement exclusivement féminin : des conductrices pour des passagères, dans l’objectif affiché de renforcer la sécurité et de réduire les délais d’attente.
Créée par Yann Lemousse, 23 ans, associé à Jean Frequelin et Anthéa Laforêt, la start-up prévoit une phase de lancement limitée à 50 conductrices et jusqu’à 500 utilisatrices durant les premières semaines. L’entreprise indique vouloir maintenir un équilibre entre l’offre et la demande afin d’éviter des temps d’attente élevés.
Le secteur des VTC (voitures de transport avec chauffeur, services de transport individuel réservés via une application mobile) connaît depuis plusieurs mois des initiatives comparables. En novembre 2024, la plateforme américaine Uber avait lancé en Île-de-France son service « Uber by Women », réservé aux conductrices et aux passagères. L’entreprise indiquait alors que les femmes représentaient 5% des chauffeurs actifs sur la plateforme, avec environ 1 500 conductrices en région parisienne. Uber faisait état d’un temps d’attente moyen de 15 minutes pour ce service, contre environ 4 minutes pour son offre classique UberX. Depuis, l’option a été étendue à Bordeaux puis récemment à Lyon.
La plateforme estonienne Bolt propose de son côté une catégorie « Women for Women », déployée dans seize villes françaises. Selon l’entreprise, la part de conductrices est passée de 2,3% à 4% entre février 2024 et février 2025, soit une progression de 92% du nombre de femmes chauffeurs, contre 10% pour les hommes. Bolt a également annoncé la mise en place de dispositifs de sécurité supplémentaires, notamment l’utilisation du smartphone comme caméra embarquée et l’organisation d’ateliers d’autodéfense.
Ces développements interviennent dans un contexte de préoccupations récurrentes autour de la sécurité des passagères. D’après une étude OpinionWay réalisée pour Bolt et publiée en décembre 2025, 61% des femmes interrogées déclarent avoir déjà ressenti de l’insécurité lors d’un trajet en VTC, évoquant notamment des regards insistants ou des remarques jugées déplacées. Selon la même enquête, 72% des répondantes se disent rassurées lorsque leur chauffeur est une femme et 76% estiment avoir besoin de dispositifs technologiques spécifiques pour se sentir en sécurité.
En octobre 2025, une plainte pour viol déposée à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) contre un chauffeur VTC a également relancé le débat sur les conditions de sécurité dans le secteur.
Lady’s indique vouloir se différencier par une commission annoncée comme inférieure à celles pratiquées par certaines grandes plateformes, où elle évoque des taux pouvant atteindre jusqu’à 45%. L’entreprise affirme vouloir proposer des tarifs compétitifs tout en rendant la profession plus accessible aux femmes, dans un secteur historiquement peu féminisé.
La start-up met en avant la vérification des pièces d’identité des conductrices, des actions de sensibilisation ainsi que la possibilité pour les utilisatrices de laisser des témoignages. Après une phase de test de deux semaines, l’entreprise envisage un déploiement progressif, en privilégiant d’abord une consolidation de son activité en Île-de-France avant toute expansion.
