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Voile des mineures : des propos de Nunez relancent la polémique politique

- Critiqué par le RN, le ministre de l’Intérieur rejette une interdiction et met en garde contre la stigmatisation, ravivant les clivages sur la laïcité

Serap Doğansoy  | 02.04.2026 - Mıse À Jour : 02.04.2026
Voile des mineures : des propos de Nunez relancent la polémique politique

Istanbul

AA / Istanbul / Serap Dogansoy


Des propos du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez sur le port du voile par les mineures, prononcés mi-mars et récemment relayés sur les réseaux sociaux, ont suscité de vives réactions politiques, notamment de la part du Rassemblement national.

Lors d’un discours tenu le 12 mars à la Grande Mosquée de Paris, le ministre s’était opposé à une interdiction du voile dans l’espace public pour les mineures, estimant qu’une telle mesure risquerait de stigmatiser certains enfants et de détourner l’attention des enjeux liés à l’islam politique.

« Je ne serai pas celui qui ira expliquer à des enfants qu’en portant le voile, elles menacent le vivre ensemble républicain », avait-il déclaré, tout en appelant à concentrer l’action publique sur la lutte contre les dérives politiques de l’islam.

Ces propos ont été critiqués ce jeudi par Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement national (RN) à l’Assemblée nationale, qui accuse le ministre de « s’aligner » sur des positions qu’elle juge proches de celles de l’extrême gauche, et de fragiliser le principe de laïcité, cadre juridique garantissant la neutralité de l’État vis-à-vis des religions.

D’autres responsables du même camp politique ont également réagi. L’eurodéputée Marion Maréchal a dénoncé une position « inquiétante », estimant que le débat devait porter sur les acteurs imposant le port du voile. Le président du RN Jordan Bardella a, de son côté, jugé que le rôle du ministre de l’Intérieur devait être centré sur le maintien de l’ordre et la défense de la laïcité.

Dans son intervention, Laurent Nunez avait également défendu une approche visant à mieux faire connaître l’islam en France, tout en affirmant la nécessité de lutter fermement contre les fanatismes religieux et les tentatives d’instrumentalisation politique de cette religion.

Le ministre a rappelé que la protection des citoyens musulmans s’inscrivait dans le respect de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État, qui garantit la liberté de culte.

Cette controverse intervient dans un contexte de débats récurrents en France sur la place de l’islam et les conditions d’application de la laïcité, notamment autour du port de signes religieux dans l’espace public.​​​​​​​

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