Politique, Monde

Trump annonce un geste de Caracas sur les prisonniers politiques et relance le dialogue énergétique avec le Venezuela

- L’administration américaine lie des avancées politiques à une relance de l’engagement énergétique, selon des médias

Merve Berker  | 11.01.2026 - Mıse À Jour : 11.01.2026
Trump annonce un geste de Caracas sur les prisonniers politiques et relance le dialogue énergétique avec le Venezuela

Ankara

AA/Ankara/ Merve Berker

Le président américain Donald Trump a affirmé que le Venezuela avait « entamé le processus » de libération de prisonniers politiques, alors que Washington cherche à recalibrer son approche envers Caracas dans un contexte de discussions diplomatiques et énergétiques, ont rapporté des médias samedi.

S’exprimant samedi, Donald Trump a indiqué que cette évolution faisait suite à des contacts entre responsables américains et vénézuéliens et coïncidait avec l’arrivée, vendredi à Caracas, d’une délégation américaine chargée de mener ce que les autorités vénézuéliennes ont qualifié « d’évaluations techniques et logistiques » en vue d’un rétablissement des relations diplomatiques, selon CBS News.

Le président américain a également annoncé avoir annulé une seconde vague d’actions militaires initialement envisagée contre le Venezuela, estimant que la coopération entre les deux parties « fonctionnait bien », d’après la même source.

Donald Trump a par ailleurs déclaré prévoir une rencontre la semaine prochaine avec la cheffe de l’opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado.

Ces ouvertures politiques sont intervenues alors que la Maison-Blanche accueillait vendredi une réunion entre Donald Trump et des dirigeants de grandes compagnies pétrolières américaines.

Le président y a plaidé pour au moins 100 milliards de dollars d’investissements afin de relancer le secteur pétrolier vénézuélien, selon la BBC. Il a affirmé que la reprise de la production pourrait contribuer à faire baisser les prix mondiaux de l’énergie, ajoutant : « Nous sommes ouverts aux affaires. »

« Ininvestissable », selon le PDG d’ExxonMobil

Malgré ces signaux, les responsables du secteur ont exprimé des réserves, invoquant des risques sécuritaires, juridiques et financiers.

Le PDG d’ExxonMobil, Darren Woods, a estimé que le Venezuela était actuellement « ininvestissable », rappelant les précédentes saisies d’actifs subies par le groupe. « Revenir une troisième fois nécessiterait des changements très importants », a-t-il déclaré, cité par la BBC.

Chevron, dernier grand groupe pétrolier américain encore présent au Venezuela, représente environ un cinquième de la production actuelle du pays, tandis que l’espagnol Repsol et l’italien Eni y sont également actifs, selon la BBC. Repsol a indiqué pouvoir tripler sa production si les conditions s’y prêtaient.

La Maison-Blanche a précisé travailler à un assouplissement ciblé des sanctions, avec un contrôle des ventes de pétrole via le dépôt des recettes sur des comptes gérés par les États-Unis.

Donald Trump a aussi signé un décret empêchant les tribunaux américains de saisir les revenus pétroliers vénézuéliens détenus sur des comptes du Trésor américain.

Malgré l’optimisme affiché par l’administration, des analystes ont confié à la BBC que des investissements d’envergure resteraient improbables en l’absence de stabilité politique et de garanties juridiques, estimant que l’objectif de 100 milliards de dollars avancé par Donald Trump demeure largement irréaliste.

Le Venezuela produit actuellement environ un million de barils de pétrole par jour, soit moins de 1 % de l’offre mondiale, selon des chiffres de la BBC.

« Il sera difficile d’envisager des engagements majeurs avant une stabilisation politique complète », a résumé Claudio Galimberti, analyste chez Rystad Energy, cité par la chaîne britannique.

*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir

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