Monde

Procès Samuel Paty : Abdelhakim Sefrioui et Brahim Chnina condamnés respectivement à 15 et 10 ans de prison

-Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov voient quant à eux leurs peines largement réduites. Ils sont condamnés à 6 et 7 ans de prison contre 16 ans en première instance

Feiza Ben Mohamed  | 02.03.2026 - Mıse À Jour : 02.03.2026
Procès Samuel Paty : Abdelhakim Sefrioui et Brahim Chnina condamnés respectivement à 15 et 10 ans de prison

Provence-Alpes-Cote d Azur

AA/Nice/Feïza Ben Mohamed


La cour d’assises spéciale de Paris a condamné en appel, le militant pro-palestinien Abdelhakim Sefrioui à une peine de 15 ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs terroriste, dans le procès de l’attentat qui a coûté la vie à Samuel Paty. Une peine similaire à celle infligée en première instance.

Brahim Chnina, le parent d’élève ayant dénoncé l’enseignant, est quant à lui condamné à une peine de 10 ans de prison pour les mêmes faits contre 13 ans en première instance.

Les deux anciens amis du tueur, Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, condamnés en première instance à une très lourde peine de 16 ans de prison, voient leurs peines largement réduites. Ils sont condamnés respectivement à 6 et 7 ans de prison. La qualification a également été largement revue à la baisse puisqu’ils passent de « complicité d’assassinat terroriste » à une simple « association de malfaiteurs » sans que le caractère terroriste ne soit retenu à leur encontre.

De fait, la Cour a clairement désavoué le PNAT (parquet national antiterroriste) dont les réquisitions avaient été jugées incohérentes par la défense qui dénonçait une démesure. Les avocats généraux avaient en effet réclamé 20 ans contre Chnina et Sefrioui et 16 contre Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov.

Selon les informations d’Anadolu, Abdelhakim Sefrioui va se pourvoir en cassation afin de faire annuler cette décision. Ses avocats considèrent en effet que la procédure a été entachée d’irrégularités notamment après que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a pris la liberté d’adresser un mail privé à la présidente de la Cour pour rectifier son témoignage.

Pour rappel, le procès en appel de l’attentat qui a coûté la vie à Samuel Paty s’est ouvert le 26 janvier à Paris.

Le 16 octobre 2020, Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie au collège du Bois d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine, était décapité à la sortie des cours par un ressortissant russe, d’origine tchétchène, âgé de 18 ans.

Son bourreau, Abdoullakh Anzorov, abattu dans la foulée par les forces de l’ordre, reprochait à l’enseignant d’avoir montré à ses élèves des caricatures issues du journal satirique Charlie Hebdo et mettant en scène le prophète Mohammed.

L’attentat avait provoqué une onde de choc dans tout le pays, et le nom de Samuel Paty fait depuis office de symbole. Six mineurs ont déjà été définitivement condamnés par le tribunal pour enfants, au terme d’un procès intervenu fin 2023.

Dans le détail, Abdoullakh Anzorov, qui n’était aucunement lié à l’établissement ni à Samuel Paty, a vraisemblablement eu connaissance des faits suite à la polémique engendrée par la diffusion d’une vidéo, devenue virale et diffusée par Brahim Chnina, l’un des parents d’une élève, dénonçant la démarche du professeur d’histoire-géographie.

Ce dernier, alerté par sa fille (dont l’enquête démontrera par la suite qu’elle n’était en fait pas présente au cours), est alors soutenu par le militant associatif Abdelhakim Sefrioui, qui publiera, le 11 octobre, une autre vidéo qualifiant Samuel Paty de « voyou ».

Leurs vidéos génèrent de très nombreux commentaires, et le nom de l’enseignant ainsi que celui de son établissement sont finalement divulgués, permettant à Abdoullakh Anzorov de l’identifier, le localiser, avant de se rendre sur les lieux pour le décapiter.

Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.