Afghanistan
AA / Kampala / Hamza Kyeyune
Le président Yoweri Museveni, 81 ans, est en tête des résultats provisoires de l’élection présidentielle en Ouganda, selon des chiffres publiés vendredi par la Commission électorale.
D’après ces résultats préliminaires, Museveni obtient 75,38 % des suffrages, devançant largement son principal rival, Robert Kyagulanyi, 43 ans, plus connu sous le nom de Bobi Wine, ancien chanteur de pop devenu homme politique, crédité de 20,71 % des voix.
Lors de la présidentielle de 2021, Museveni l’avait emporté avec 58,6 % des voix, tandis que Bobi Wine était arrivé en deuxième position avec 34,8 %.
Les résultats définitifs de ce scrutin, particulièrement tendu et à forts enjeux, sont attendus samedi. Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue de 50 % plus une voix, un second tour sera organisé.
Au pouvoir depuis près de 40 ans, Yoweri Museveni bénéficie principalement du soutien des populations ayant profité de son long règne. Il a mené sa campagne sous le slogan « Protecting the Gains » (Sauvegarder les acquis), appelant à la continuité et à la stabilité. De son côté, Bobi Wine s’appuie surtout sur la jeunesse et les habitants des zones urbaines, désireux de changement.
Bobi Wine a déclaré à Anadolu qu’une forte présence militaire avait été déployée autour de son domicile.
À Kampala, la situation demeure calme mais tendue, la capitale étant en grande partie déserte, les commerces restant fermés.
Benjamin Katana, figure de premier plan du parti d’opposition de Bobi Wine, a dénoncé un manque de transparence dans la compilation des résultats annoncés par la Commission électorale dans plusieurs districts, soulevant des interrogations sur l’intégrité du processus.
Il a indiqué à Anadolu que des cas d’intimidation d’électeurs avaient été signalés, que l’appareil sécuritaire s’était montré hostile aux agents électoraux de l’opposition et qu’il y avait eu une défaillance systématique des machines biométriques de vote électronique, autant d’éléments mettant en doute le caractère libre et équitable du scrutin.
La campagne électorale a été marquée par des violences généralisées.
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a condamné la répression croissante exercée par le gouvernement contre l’opposition dans les jours précédant le vote.
Museveni a affirmé jeudi avoir lui-même été confronté à des défaillances techniques des machines de vote dans son bureau de vote. Plusieurs électeurs ont confié à Anadolu avoir voté manuellement en raison de ces pannes.
Il n’est pas établi si ces dysfonctionnements sont liés à la coupure d’internet.
L’Ouganda a été plongé dans un blackout d’internet mercredi, à la veille des élections générales du 15 janvier. Le directeur de l’Autorité des communications, Nyombi Thembo, a justifié cette mesure par la nécessité de « limiter les menaces à la sécurité nationale » pendant le scrutin.
Des organisations de défense des droits humains accusent Museveni d’utiliser le clientélisme d’État pour conserver le pouvoir, des accusations qu’il rejette, affirmant que sa longévité politique repose sur un large soutien populaire.
*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir
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