Mort de nourrissons : la piste du lait infantile rappelé examinée à Angers et Bordeaux
- Deux enquêtes judiciaires sont en cours à Angers et Bordeaux après le décès de nourrissons ayant consommé des laits infantiles rappelés ; aucun lien n’est établi à ce stade
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
La piste d’un lait infantile rappelé est examinée après la mort, en décembre à Angers, d’une petite fille de 27 jours, a indiqué ce jeudi le procureur de la République d’Angers, Éric Bouillard. Une enquête a été ouverte pour rechercher les causes du décès de l’enfant, morte le 23 décembre dans les bras de sa mère.
Selon le parquet, la mère a contacté les enquêteurs il y a deux jours, indiquant avoir utilisé une boîte de lait de marque Guigoz. Le laboratoire a été saisi « en urgence » afin de procéder à des analyses. Les premières investigations n’avaient pas permis de déterminer l’origine du décès et des examens complémentaires sont en cours. « C’est une piste sérieuse », mais « il est beaucoup trop tôt pour conclure » à un lien avec le lait évoqué, a souligné le procureur.
À Bordeaux, une enquête pénale a également été ouverte après la mort, début janvier, d’un nourrisson ayant consommé un lait infantile produit par Nestlé, a annoncé le parquet. Le bébé, né le 25 décembre, avait été alimenté entre le 5 et le 7 janvier avec un lait artificiel de marque Guigoz, depuis rappelé pour une possible contamination par la bactérie Bacillus cereus. Hospitalisé en urgence le 7 janvier pour des troubles digestifs, il est décédé le lendemain au CHU de Bordeaux. Une autopsie et des analyses toxicologiques et anatomopathologiques ont été sollicitées, tandis que le lait a été saisi pour analyses. Là encore, les autorités indiquent qu’aucun lien de causalité n’est établi à ce stade.
Depuis plusieurs semaines, Nestlé a engagé un vaste rappel de laits infantiles des marques Guigoz et Nidal dans une soixantaine de pays, dont la France, en raison de la présence potentielle de cette bactérie, susceptible de provoquer des troubles digestifs, parfois accompagnés de complications graves. Mi-janvier, le dirigeant du groupe a présenté des excuses, alors que certaines ONG accusent l’entreprise d’avoir tardé à réagir.
Mercredi, le groupe Lactalis a également annoncé un large rappel de laits infantiles dans plusieurs pays, dont la France. Selon le ministère de l’Agriculture, comme pour Nestlé, ces retraits sont liés à une matière première fournie par un même producteur en Chine.
Les autorités sanitaires françaises poursuivent leurs investigations, rappelant que l’« imputabilité » entre la consommation des produits concernés et les décès signalés n’est pas établie à ce stade.
