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Marine française : des relations « très bonnes » avec l'US Navy, malgré des divergences politiques assumées

- Sur le détroit d'Ormuz, il faudra « probablement que la Chine vienne un peu plus dans le débat pour montrer son impatience sur le fait que le détroit est toujours fermé »

Mariem Njeh  | 02.04.2026 - Mıse À Jour : 02.04.2026
Marine française : des relations « très bonnes » avec l'US Navy, malgré des divergences politiques assumées

AA / Istanbul / Mariem Njeh

Le chef d'état-major de la marine française, l'amiral Nicolas Vaujour, a averti, mercredi, que les conflits terrestres débordent systématiquement en mer et finissent par avoir un impact direct sur les économies mondiales, lors de son intervention au Forum Guerres et Paix 26 à Paris.

- Conflits terrestres et débordements maritimes

« Les conflits terrestres débordent en mer et finissent par avoir un impact assez rapidement sur nos sociétés », a déclaré l'amiral, citant trois exemples récents : la guerre en Ukraine et ses répercussions en mer Noire sur les flux de céréales, le conflit en mer Rouge ayant conduit au lancement de l'opération Aspidès pour protéger le commerce international, et la guerre entre Israël, les États-Unis et l'Iran, dont l'impact sur l'approvisionnement pétrolier mondial se fait sentir directement sur le coût de l'énergie pour les citoyens européens.

- Relations avec l'US Navy

Sur les relations avec la marine américaine, l'amiral a décrit des liens « très bons » et « historiques », tout en soulignant la capacité française à s'y opposer lorsque les cadres politiques divergent. « Il y a des domaines dans lesquels on travaille de manière extrêmement proche, et on est capable d'échanger des informations extrêmement sensibles sur des opérations où nos intérêts politiques et militaires convergent », a-t-il déclaré, ajoutant : « Mais il y a d'autres endroits où on n'est pas d'accord, et là on est capable de se le dire. » Il a cité l'exemple de la mer Rouge, où la position européenne, protéger les navires de commerce sans frapper les Houthis à terre, avait différé de la position américaine. « Ils n'étaient pas contents, mais ils ont compris », a-t-il déclaré.

- La montée en puissance de la marine chinoise

Interrogé sur la marine chinoise, l'amiral a reconnu un « développement exponentiel » en termes de nombre de bateaux, tout en notant que « les savoir-faire ne progressent pas avec la même rapidité ». Il a décrit une stratégie chinoise articulée autour de deux axes : la sécurisation des routes d'approvisionnement en matières premières et la maîtrise de leur environnement maritime proche, avec une pression croissante sur Taïwan.

Sur le détroit d'Ormuz, il a indiqué que la Chine n'a pas encore déployé sa marine militaire pour en faciliter la réouverture, mais que des dialogues politiques directs entre Pékin et Téhéran sont en cours. « Est-ce que ça sera suffisant pour revenir à un flux normal ? Je ne crois pas », a-t-il déclaré, estimant qu'il faudra « probablement que la Chine vienne un peu plus dans le débat pour montrer son impatience sur le fait que le détroit est toujours fermé. » Il a salué l'initiative française de rassembler des pays autour d'une table pour définir les conditions d'une réouverture durable du détroit.

- La position française sur le détroit d'Ormuz

Ces déclarations de l'amiral Vaujour s'inscrivaient dans le cadre de la position définie par le président Emmanuel Macron, qui avait affirmé à l'issue du Conseil européen que la France ne participerait à « aucune ouverture de force du détroit d'Ormuz » dans le contexte des opérations militaires en cours au Moyen-Orient.

Lors d'une conférence de presse dominée par la situation régionale, Macron avait présenté la position française comme « strictement défensive », indiquant qu'elle visait à protéger les ressortissants et les intérêts français, à soutenir les alliés régionaux et à préserver la liberté de navigation, tout en œuvrant à la désescalade.

Sur la question du détroit, le chef de l'État avait déclaré que la France était prête, « une fois que la situation serait plus calme », à participer avec d'autres nations à un « système d'escorte de navires ». Il avait toutefois précisé qu'une telle mission n'aurait « pas vocation à être une action de vive force » et devrait faire l'objet d'échanges ainsi que d'une « déconfliction avec l'Iran », en associant les acteurs du secteur maritime, notamment les transporteurs et les assureurs.

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