Les États-Unis autorisent un pétrolier russe à briser le blocus et à rejoindre Cuba
- Le pétrolier, transportant environ 730 000 barils de brut, devrait accoster au terminal de Matanzas d'ici mardi
AA / Houston / Darren Lyn
Les États-Unis autorisent un pétrolier russe à livrer du pétrole brut à Cuba, rompant ainsi le blocus imposé depuis plusieurs mois par l'administration Trump sur l'île caribéenne, selon un reportage publié dimanche par le New York Times.
Le pétrolier, transportant environ 730 000 barils de brut, devrait accoster au terminal de Matanzas d'ici mardi, fournissant un approvisionnement énergétique crucial à Cuba dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis.
L'arrivée du navire russe constituerait une bouée de sauvetage énergétique pour Cuba, offrant à l'île quelques semaines supplémentaires avant l'épuisement de ses réserves de carburant, selon le quotidien.
Des responsables ont indiqué que cela réduirait également la pression sur le gouvernement cubain, qui fait face à un effondrement économique imminent et à des menaces croissantes de la part des États-Unis, tout en démontrant que Cuba peut encore compter sur son allié de longue date, la Russie, du moins pour l'instant.
L'administration Trump a effectivement imposé un blocus pétrolier sur Cuba en janvier, menaçant les pays qui acheminaient du carburant vers l'île.
Les États-Unis ont escorté un pétrolier se dirigeant vers Cuba pour l'éloigner de l'île.
Selon le reportage, les garde-côtes américains disposent de deux navires dans la région qui auraient pu tenter d'intercepter le pétrolier russe, mais l'administration Trump n'a pas donné l'ordre d'arrêter le navire.
Aucune explication n'a été fournie quant aux raisons pour lesquelles la Maison Blanche n'a pas émis d'ordres pour bloquer le pétrolier, ni sur la question de savoir si elle autoriserait de futures livraisons de pétrole russe vers l'île, située à environ 160 kilomètres au sud de la Floride.
La décision d'autoriser le pétrolier à atteindre Cuba permet d'éviter une confrontation potentielle entre les États-Unis et la Russie, du moins pour l'instant.
Le blocus pétrolier américain a étranglé la consommation énergétique à Cuba, entraînant des coupures de courant quotidiennes, de graves pénuries de carburant, une flambée des prix et une dégradation des soins médicaux, selon le Times. Les Nations Unies ont critiqué ce blocus, tenant les États-Unis responsables d'une crise humanitaire à Cuba.
Ces développements interviennent alors que l'administration du président américain Donald Trump a annoncé son souhait de renverser le président cubain Miguel Diaz-Canel. Le président américain Donald Trump a déclaré qu'il pensait avoir « l'honneur de prendre Cuba » et a suggéré qu'il pourrait cibler l'île avec des forces militaires après la guerre contre l'Iran.
« J'ai bâti cette grande armée », a déclaré Trump lors d'une conférence de presse vendredi. « J'ai dit : "Vous n'aurez jamais à vous en servir." Mais parfois il faut s'en servir. Et Cuba, c'est le prochain, soit dit en passant. »
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a également exprimé le souhait de la Maison Blanche de voir de nouveaux dirigeants à Cuba. « L'économie cubaine doit changer, et elle ne peut pas changer sans que son système de gouvernement change », a-t-il déclaré.
Les responsables cubains ont maintenu leur position face au blocus actuel, affirmant que l'île est prête à se défendre.
« Notre armée est toujours prête et, en fait, elle se prépare ces jours-ci à la possibilité d'une agression militaire », a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Carlos Fernandez de Cossio à NBC News.
« Nous serions naïfs si, au vu de ce qui se passe dans le monde, nous ne le faisions pas. Mais nous espérons vraiment que cela n'arrivera pas. »
* Traduit de l'anglais par Mariem Njeh
