Le ministre des Affaires étrangères d'Oman appelle les alliés des États-Unis à l'aider à se retirer de la guerre en Iran
- Badr Albusaidi met en garde contre le risque d'une « guerre sans fin » et estime que la riposte de l'Iran était « inévitable »
Istanbul
AA / Istanbul / Yasin Gungor
Le ministre omanais des Affaires étrangères a appelé les alliés des États-Unis à les aider à se dégager d’un « enchevêtrement indésirable » en Iran, estimant que Washington avait perdu le contrôle de sa propre politique étrangère.
Dans une tribune publiée dans l’hebdomadaire britannique The Economist, Badr Albusaidi, qui a assuré la médiation des dernières négociations nucléaires indirectes entre Washington et Téhéran, a affirmé que les États-Unis avaient commis leur « plus grande erreur d’appréciation » en se laissant entraîner dans le conflit.
« Ce n’est pas la guerre de l’Amérique », a-t-il écrit, ajoutant qu’il n’existait aucun scénario réaliste dans lequel Israël et les États-Unis atteindraient leurs objectifs.
Il a averti que l’objectif d’Israël de renverser le régime iranien nécessiterait une longue campagne terrestre, ouvrant « un nouveau front dans les guerres sans fin que le président Donald Trump avait promis de terminer ».
Appelant les alliés de Washington à intervenir, il a estimé que cela nécessitait de reconnaître « dans quelle mesure l’Amérique a perdu le contrôle de sa propre politique étrangère ».
Albusaidi a décrit les frappes de représailles de l’Iran contre des pays du Golfe abritant des bases américaines comme une réponse « inévitable, bien que profondément regrettable » à une guerre explicitement « conçue pour l’éliminer », estimant qu’il s’agissait « probablement de la seule option rationnelle dont disposait la direction iranienne ».
Il a également évoqué les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz comme une conséquence prévisible, avertissant qu’elles faisaient grimper les prix de l’énergie et menaçaient de provoquer une profonde récession.
« Si cela n’avait pas été anticipé par les architectes de cette guerre, il s’agit sans aucun doute d’une grave erreur d’appréciation », a-t-il écrit.
Sur le plan diplomatique, Albusaidi s’est montré pessimiste, estimant qu’il serait « certainement difficile » pour les dirigeants iraniens de reprendre les négociations avec une administration qui a, à deux reprises, alterné entre pourparlers et bombardements ou assassinats.
« Mais la voie pour sortir de la guerre, aussi difficile soit-elle pour les deux parties, pourrait précisément passer par cette reprise », a-t-il ajouté.
Les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran ont débuté le 28 février et auraient fait environ 1 300 morts à ce jour, dont le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.
*Traduit de l'anglais par Wafae El Baghouani
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