La crise du détroit d'Ormuz secoue les marchés mondiaux de l’énergie
- Avec l’interruption du trafic dans le détroit d’Oormuz, l’un des points de passage énergétiques les plus stratégiques au monde, le Brent a clôturé la semaine débutant le 2 mars à son plus haut niveau depuis octobre 2023
Ankara
AA / Ankara / Duygu Alhan
À la suite des frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, la perturbation du trafic dans le détroit d'Ormuz, secoue les marchés mondiaux de l’énergie
Avec l’interruption du trafic dans le détroit d'Ormuz, l’un des points de passage énergétiques les plus stratégiques au monde, le Brent a clôturé la semaine débutant le 2 mars à son plus haut niveau depuis octobre 2023, enregistrant une hausse d’environ 24,4 % par rapport à la période précédant les attaques.
En effet, cette voie maritime par laquelle transite près de 20 % du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) a connu d’importantes perturbations, alimentant de sérieuses inquiétudes quant à une contraction de l’offre énergétique.
Par ailleurs, un autre développement est venu accentuer la nervosité des marchés : une déclaration du Qatar. Le ministre qatari de l’Énergie, Saad bin Sherida Al-Kaabi, a averti que les pays du Golfe pourraient être contraints de suspendre leur production de pétrole et de gaz, ce qui a accéléré la hausse des prix.
- Le Brent au plus haut depuis octobre 2023
Avec l’escalade des tensions géopolitiques, les prix du pétrole ont rapidement grimpé.
Le 27 février, le Brent a clôturé sur le marché spot à 73 dollars, en hausse de 2,8 %, tandis que le brut WTI a progressé de 2,6 % pour atteindre 67,18 dollars.
Après les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran le 28 février, la prime de risque accumulée au début de la semaine s’est fortement répercutée sur les prix.
Dans ce contexte, le Brent a terminé la semaine débutant le 2 mars en hausse de 16,2 %, à 90,83 dollars le baril. Il s’agit de sa clôture la plus élevée depuis octobre 2023, soit une augmentation d’environ 24,4 % par rapport à la période précédant les attaques.
Dans le même temps, le prix du baril de brut WTI a bondi de 24,6 % pour atteindre 88,89 dollars, son plus haut niveau depuis près de 29 mois, soit une progression d’environ 32,3 % par rapport à l’avant-crise.
- Forte hausse également des prix du gaz et du charbon
Les prix du gaz naturel ont également fortement augmenté sur la plateforme néerlandaise Title Transfer Facility (TTF), la place de référence la plus liquide en Europe.
Les contrats à terme pour livraison en avril ont clôturé le 27 février à 31,96 euros par mégawattheure, avant de terminer la semaine débutant le 2 mars à 53,38 euros, soit une hausse de 19,9 %. Au total, les prix ont bondi d’environ 70 % par rapport à leur niveau avant les attaques.
Une tendance similaire a été observée sur le marché du charbon. Les contrats à terme sur le charbon de Newcastle, référence pour l’Asie, avaient clôturé le 27 février à 116,90 dollars la tonne.
Ces contrats ont terminé la semaine débutant le 2 mars à 133,80 dollars la tonne, en hausse de 6,3 %, soit un gain de plus de 10 % par rapport à leur niveau avant les attaques.
- Une interruption d’environ 19,5 millions de barils par jour dans les flux pétroliers
Selon les experts, les perturbations dans le détroit d'Ormuz ont entraîné l’arrêt effectif du flux quotidien d’environ 15 millions de barils de pétrole brut et de 4,5 millions de barils de carburants raffinés en provenance du Golfe.
Une telle perte d’approvisionnement, équivalente à près d’un cinquième de la consommation mondiale quotidienne, a provoqué un choc majeur sur les marchés pétroliers.
Avec l’interruption des exportations, le pétrole brut a commencé à être stocké dans des réservoirs terrestres ainsi que dans des pétroliers immobilisés en mer.
En Irak, où les capacités de stockage sont limitées, on estime qu’au moins un quart de la production quotidienne d’environ 4,3 millions de barils a déjà été interrompu.
Au Koweït, aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, certaines capacités de stockage existent, mais elles ne permettraient de tenir que quelques jours.
- Près de 110 milliards de mètres cubes de gaz menacés
L’an dernier, plus de 112 milliards de mètres cubes de GNL ont transité par le détroit d'Ormuz, soit près de 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié.
Alors que près de 90 % de ces expéditions sont destinées aux marchés asiatiques, la fermeture du détroit pourrait priver le marché mondial d’environ 110 milliards de mètres cubes d’approvisionnement en gaz naturel.
Par ailleurs, les niveaux de stockage de gaz souterrain restent faibles dans l’Union européenne.
Selon les données de Gas Infrastructure Europe, le taux de remplissage des réserves de gaz dans l’ensemble de l’UE s’établit actuellement à 29,9 %., l’un des passages énergétiques les plus critiques de la planète, a provoqué de fortes turbulences sur les marchés mondiaux de l’énergie.
En effet, cette voie maritime par laquelle transite près de 20 % du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) a connu d’importantes perturbations, alimentant de sérieuses inquiétudes quant à une contraction de l’offre énergétique.
Par ailleurs, un autre développement est venu accentuer la nervosité des marchés : une déclaration du Qatar. Le ministre qatari de l’Énergie, Saad bin Sherida Al-Kaabi, a averti que les pays du Golfe pourraient être contraints de suspendre leur production de pétrole et de gaz, ce qui a accéléré la hausse des prix.
- Le Brent au plus haut depuis octobre 2023
Avec l’escalade des tensions géopolitiques, les prix du pétrole ont rapidement grimpé.
Le 27 février, le Brent a clôturé sur le marché spot à 73 dollars, en hausse de 2,8 %, tandis que le brut WTI a progressé de 2,6 % pour atteindre 67,18 dollars.
Après les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran le 28 février, la prime de risque accumulée au début de la semaine s’est fortement répercutée sur les prix.
Dans ce contexte, le Brent a terminé la semaine débutant le 2 mars en hausse de 16,2 %, à 90,83 dollars le baril. Il s’agit de sa clôture la plus élevée depuis octobre 2023, soit une augmentation d’environ 24,4 % par rapport à la période précédant les attaques.
Dans le même temps, le prix du baril de brut WTI a bondi de 24,6 % pour atteindre 88,89 dollars, son plus haut niveau depuis près de 29 mois, soit une progression d’environ 32,3 % par rapport à l’avant-crise.
- Forte hausse également des prix du gaz et du charbon
Les prix du gaz naturel ont également fortement augmenté sur la plateforme néerlandaise Title Transfer Facility (TTF), la place de référence la plus liquide en Europe.
Les contrats à terme pour livraison en avril ont clôturé le 27 février à 31,96 euros par mégawattheure, avant de terminer la semaine débutant le 2 mars à 53,38 euros, soit une hausse de 19,9 %. Au total, les prix ont bondi d’environ 70 % par rapport à leur niveau avant les attaques.
Une tendance similaire a été observée sur le marché du charbon. Les contrats à terme sur le charbon de Newcastle, référence pour l’Asie, avaient clôturé le 27 février à 116,90 dollars la tonne.
Ces contrats ont terminé la semaine débutant le 2 mars à 133,80 dollars la tonne, en hausse de 6,3 %, soit un gain de plus de 10 % par rapport à leur niveau avant les attaques.
- Une interruption d’environ 19,5 millions de barils par jour dans les flux pétroliers
Selon les experts, les perturbations dans le détroit d’Hormuz ont entraîné l’arrêt effectif du flux quotidien d’environ 15 millions de barils de pétrole brut et de 4,5 millions de barils de carburants raffinés en provenance du Golfe.
Une telle perte d’approvisionnement, équivalente à près d’un cinquième de la consommation mondiale quotidienne, a provoqué un choc majeur sur les marchés pétroliers.
Avec l’interruption des exportations, le pétrole brut a commencé à être stocké dans des réservoirs terrestres ainsi que dans des pétroliers immobilisés en mer.
En Irak, où les capacités de stockage sont limitées, on estime qu’au moins un quart de la production quotidienne d’environ 4,3 millions de barils a déjà été interrompu.
Au Koweït, aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite — premier exportateur mondial de pétrole, certaines capacités de stockage existent, mais elles ne permettraient de tenir que quelques jours.
- Près de 110 milliards de mètres cubes de gaz menacés
L’an dernier, plus de 112 milliards de mètres cubes de GNL ont transité par le détroit d'Ormuz, soit près de 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié.
Alors que près de 90 % de ces expéditions sont destinées aux marchés asiatiques, la fermeture du détroit pourrait priver le marché mondial d’environ 110 milliards de mètres cubes d’approvisionnement en gaz naturel.
Par ailleurs, les niveaux de stockage de gaz souterrain restent faibles dans l’Union européenne.
Selon les données de Gas Infrastructure Europe, le taux de remplissage des réserves de gaz dans l’ensemble de l’UE s’établit actuellement à 29,9 %.
* Traduit du turc par Adama Bamba
