L’Arabie saoudite annonce un corridor logistique reliant le Golfe à la Jordanie sur fond de tensions à Ormuz
- Riyad mise sur le rail pour sécuriser ses exportations alors que le trafic maritime reste perturbé dans le détroit stratégique
Istanbul
AA / Istanbul
L’Arabie saoudite a annoncé la mise en place d’un corridor logistique international reliant ses ports du Golfe à la Jordanie et à des pays situés plus au nord, a indiqué la compagnie Saudi Arabia Railways dans un communiqué.
Ce corridor doit relier les ports saoudiens ouverts sur le Golfe au poste-frontière d’Al-Haditha, situé entre l’Arabie saoudite et la Jordanie, afin de connecter directement les infrastructures portuaires du royaume à la Jordanie et aux régions septentrionales.
Selon la même source, le projet vise à renforcer les liaisons directes avec ces zones et à soutenir le commerce régional grâce à une infrastructure terrestre à haute efficacité.
Le transport de conteneurs sera assuré par voie ferroviaire depuis les ports de l’est du pays jusqu’au poste-frontière, ouvrant des itinéraires directs vers la Jordanie et les régions du nord, et rendant les activités d’exportation plus efficaces et plus fiables.
Le corridor, long de plus de 1.700 kilomètres, permettra de réduire de moitié les distances par rapport aux options routières existantes, tout en offrant une capacité de plus de 400 conteneurs par train, selon le communiqué.
Les autorités saoudiennes indiquent que ce dispositif contribuera également à réduire les temps de trajet et à retirer des milliers de camions des routes, avec des effets attendus sur la préservation des infrastructures et l’amélioration de la sécurité.
Cette annonce intervient dans un contexte de tensions régionales accrues. À la suite des attaques menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, Téhéran a annoncé une fermeture « contrôlée » du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a précisé que les navires appartenant à des pays non impliqués dans les attaques ou n’ayant pas apporté de soutien logistique pouvaient continuer à transiter.
Le détroit d’Ormuz constitue une voie stratégique pour l’exportation de pétrole de plusieurs grands producteurs, dont l’Arabie saoudite, l’Iran, l’Irak, le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes unis, et concentre environ 20 % du pétrole transporté par voie maritime dans le monde.
Selon des données de la société de suivi maritime MarineTraffic, près de 1.900 navires étaient immobilisés dans la zone entre les 20 et 22 mars.
Israël et les États-Unis ont lancé des frappes contre l’Iran le 28 février, alors que des négociations étaient en cours entre Téhéran et Washington.
L’Iran a riposté en visant Israël ainsi que des cibles situées dans plusieurs pays de la région, notamment le Qatar, les Émirats arabes unis et Bahreïn, où sont présentes des bases américaines.
Ces attaques ont entraîné la mort de nombreux hauts responsables iraniens, dont l’ancien dirigeant Ali Khamenei, selon les informations rapportées.
* Traduit du turc par Serap Dogansoy
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