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France : fin des avantages « à vie » pour les anciens Premiers ministres et ministres de l’Intérieur

- Depuis le 1er janvier, 24 policiers et 24 chauffeurs ont été retirés aux anciens Premiers ministres et ministres de l’Intérieur après la suppression des protections automatiques et illimitées

Seyma Erkul Dayanc  | 02.01.2026 - Mıse À Jour : 02.01.2026
France : fin des avantages « à vie » pour les anciens Premiers ministres et ministres de l’Intérieur

Istanbul

AA / Istanbul / Seyma Erkul Dayanc

Vingt-quatre policiers et 24 chauffeurs ont été retirés à d’anciens Premiers ministres et ministres de l’Intérieur depuis le 1er janvier, après la suppression des avantages automatiques et « à vie » dont ils bénéficiaient jusqu’alors, selon des informations communiquées par Matignon et relayées par des médias français.

Cette mesure avait été annoncée dès la mi-septembre par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, dans un contexte de fortes contraintes budgétaires. Le chef du gouvernement avait alors indiqué vouloir mettre fin à ces dispositifs accordés sans limitation de durée aux anciens membres de l’exécutif.

Selon Matignon, les anciens ministres concernés, parmi lesquels figurent Jean-Marc Ayrault, François Fillon ou encore Jean-Pierre Raffarin, ont reçu un courrier de Sébastien Lecornu les informant de la fin de cet avantage « à vie », a rapporté franceinfo, média public français.

Dans le détail, pour les anciens Premiers ministres, 11 officiers de sécurité – des policiers – et 11 conducteurs ont été libérés. Concernant les anciens ministres de l’Intérieur, 13 officiers de sécurité et 13 conducteurs de sécurité ont été retirés, selon les mêmes sources.

« L’objectif poursuivi n’est pas la suppression de toute protection, mais la rationalisation de l’usage des dispositifs existants », a indiqué le ministère de l’Intérieur. Beauvau précise que « cette rationalisation vise à adapter les moyens de protection à la réalité des risques » et qu’elle répond « à une exigence de cohérence, de proportionnalité et de bonne gestion des ressources publiques ».

Désormais, après avoir quitté leurs fonctions, les anciens Premiers ministres bénéficient d’un véhicule avec chauffeur pendant dix ans, et non plus de manière illimitée. La protection policière est limitée à trois ans pour les anciens Premiers ministres et à deux ans pour les anciens ministres de l’Intérieur. Au-delà, elle n’est maintenue qu’en cas de menace avérée.

« Cette évaluation est réalisée par les services spécialisés de la direction générale de la police nationale », a expliqué le ministère de l’Intérieur.

Selon les informations de ce média public, certains anciens responsables politiques, dont Manuel Valls, Bernard Cazeneuve ou Christophe Castaner, bénéficient actuellement d’une protection en raison de menaces identifiées. Candidat à l’élection présidentielle, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe conserve également un dispositif de sécurité. « La notoriété peut constituer un facteur de risque, dans la mesure où elle est susceptible d’attirer des menaces », a souligné Beauvau.

- Annonce officielle mi-septembre

La réforme avait été rendue publique lundi 15 septembre par Sébastien Lecornu dans un message publié sur la plateforme sociale de la société X, basée aux États-Unis. « S’il est normal que la République protège les personnes faisant l’objet de menaces, il n’est en revanche pas concevable qu’ils puissent bénéficier d’avantages à vie en raison d’un statut temporaire », avait-il écrit.

Le Premier ministre avait alors précisé que la protection policière des anciens Premiers ministres et ministres de l’Intérieur serait accordée « pour une durée limitée » et « reconduite en fonction de la réalité du risque ». « Tous les autres moyens mis à disposition des anciens Premiers ministres à vie le seront dorénavant pour une durée limitée », avait-il ajouté.

Dans une interview accordée à plusieurs titres de la presse régionale, Sébastien Lecornu avait également estimé que « l’on ne peut pas demander aux Français de faire des efforts si ceux qui sont à la tête de l’État n’en font pas », jugeant que « la réforme, ce n’est pas toujours “pour les autres” ».

Selon Matignon, cette décision s’inscrit dans le cadre de la révision du décret du 20 septembre 2019 encadrant les avantages accordés aux anciens Premiers ministres. Une « instruction » a été transmise au Secrétariat général du gouvernement afin d’adapter ce dispositif.

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