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Désignation des Gardiens de la révolution comme organisation terroriste: l’Iran accuse l’UE « d’attiser les flammes »

- Téhéran accuse l’Europe d’aggraver les tensions en classant les Gardiens de la révolution, sur fond d’avertissements concernant les répercussions d’une guerre régionale

Tarek Chouiref  | 29.01.2026 - Mıse À Jour : 29.01.2026
Désignation des Gardiens de la révolution comme organisation terroriste: l’Iran accuse l’UE « d’attiser les flammes »

Istanbul

AA / Istanbul / Tarek Chouiref

L’Iran a accusé jeudi l’Union européenne « d’attiser les tensions » régionales après que les ministres des Affaires étrangères du bloc ont convenu d’inscrire le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) sur la liste des organisations terroristes.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que plusieurs pays œuvrent actuellement pour empêcher l’éclatement d’une guerre généralisée dans la région, ajoutant qu’aucun d’entre eux n’est européen.

« L’Europe, en revanche, s’emploie à attiser les flammes », a-t-il écrit sur le réseau social X, propriété d’une entreprise américaine. Il a accusé l’UE de suivre la ligne de Washington et de commettre une « grave erreur stratégique » en visant ce qu’il a qualifié de force militaire nationale de l’Iran.

Selon lui, cette décision illustre une « hypocrisie flagrante » : il reproche aux gouvernements européens de n’avoir pris aucune mesure face à ce qu’il décrit comme la guerre génocidaire menée par Israël à Gaza, tout en se hâtant d’affirmer qu’ils défendent les droits humains en Iran.

Araghchi a également averti que l’Europe serait elle-même fortement affectée par tout élargissement du conflit régional, évoquant une flambée des prix de l’énergie et des répercussions économiques plus larges.

« La posture actuelle de l’UE nuit gravement à ses propres intérêts », a-t-il affirmé, ajoutant que les Européens « méritent mieux que ce que leurs gouvernements ont à leur offrir ».

Ces déclarations interviennent après que la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a annoncé que les États membres de l’UE étaient parvenus à un accord politique pour classer le CGRI comme organisation terroriste.

« La répression ne peut rester sans réponse », a écrit Kallas sur X, précisant que les ministres européens des Affaires étrangères avaient franchi « une étape décisive » contre ce qu’elle a décrit comme « un régime qui tue son propre peuple ».

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également salué cette décision, la qualifiant de « depuis longtemps attendue », estimant que le terme « terroriste » est approprié pour un régime qui réprime les manifestations « dans le sang ».

Ces prises de position interviennent dans un contexte de fortes tensions entre Téhéran et Washington ces dernières semaines, après des déclarations du président américain Donald Trump affirmant qu’une « armada massive » se dirigeait vers l’Iran, tout en appelant Téhéran à « revenir à la table » des négociations.

Des responsables iraniens ont averti que toute attaque américaine entraînerait une réponse « rapide et globale », tout en réaffirmant que l’Iran reste ouvert au dialogue, mais uniquement selon des conditions qu’il juge « justes, équilibrées et non coercitives ».

*Traduit de l'anglais par Ben Amed Azize Zougmore

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